XVII. — SOCIÉTÉ ARCHEOLOGIQUE DE L'ORI,ÉAN AlS. i[l
toiresou funéraires des païens. C'est là un suj)plémcnt précieux aux textes des historiens et des théologiens de la relioion nouvelle ; c'est un contrôle souvent utile des récits demi-légendaires qui nous montrent la Gaule si rajùdcment transformée par la prédication chrétienne. Dune part, sur ces marbres, sculptés d'ordinaire avec négligence, on voit comme un retlet de la simplicité des premiers âges chrétiens : à la brièveté de ces expressions qui constatent la foi du mort et ses espérances dans la vie à venir, on reconnaît l'effort nouveau des consciences, qui fuyaient toutes les vanités de la vie extérieure pour se réduire aux vertus modestes et au secret des méditations pieuses. D'autre part, la succession certaine des formules et la précision des dates marquées sur plusieursde ces petitsmonumentsnous aident à suivre sûrement la marche (bi christianisme, dejniis ses premières étapes dans la Gaule narbonaise jusqu'à ses hardies et fécondes invasions, à l'ouest dans la Bretagne, à l'est dans la Germanie. Naguère, ce rapprochement et cette explication savante des inscriptions chrétiennes de la Gaule fournissaient à mon confrère M. Le Blant la matière d'iui livre, qui restera un des plus solides monuments de l'érudition française.
Puissé-je, Messieurs, vous avoir montré par un si rapide aperçu le profit moral et le patriotique intérêt que nous trouvons dans les nol)les études de larchéologic ; puissé-je avoir allermi en vous la confiance même qui vous a jadis réunis, et qui vous retient si utilement unis pour le culte de nos antiquités nationales I Assurons-nous bien que, par le progrès journalier de ses recherches, par la précision et la rigueur chaque jour plus grandes de s;i méthode, l'archéologie est une digne sœur de l'histoire, et ([u'elle contribue largement à la haute éducation de l'esprit {)uldic dans notre chère l'rance.