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XXIV. — GRAMMAIRIENS ET LITTÉRATEURS

loiisc à toutes les séances, avec une fermeté plus courtoise dans la direction des débats, que ne l'a fait M. Jules Ferry : c'est un hommage qu'on doit lui rendre ; mais enfin nous avons quelquefois couru plutôt que marché dans la voie du progrès. Tant de sujets ont été soumis d'abord à la Section permanente, puis aux commissions spéciales, puis au Conseil dans ses séances plénières, qu'il y avait çà et Là péril de commettre quelques inadvertances. Par exemple, on avait d'abord proposé de ne faire commencer qu'en Troisième l'étude du grec, et songeait-on alors aux conséquences d'un tel projet? Une seule avait frappé les esprits, c'était l'inconvénient de ramener à des exercices élémentaires des clèves de quatorze ou quinze ans, qui en étaient déjà sortis pour le latin, pour l'anglais et l'allemand. Aussi la sagesse du Conseil s'est-elle ralliée de bonne grâce à un compromis, et elle a décidé que les éléments du grec seraient enseignés en Quatrième, c'est-à-dire dans la plus élevée des classes dites de grammaire. Mais pour les professeurs aussi, quel inconvénient aurait eu le projet primitif! 11 y a dans l'enseignement des lettres, en dehors de la philosophie et de l'histoire, deux ordres d'agrégation : celui des classes supérieures et celui des classes de grammaire. Or, les agrégés de grammaire sont tenus d'apprendre et de savoir beaucoup de grec et de latin ; les programmes de ce concours contiennent chaque année plusieurs ouvrages, souvent fort difficiles, en chacune de ces deux langues. Il serait donc arrivé que MM. les agrégés de grammaire auraient apporté à l'exercice de leurs fonctions une bonne part d'érudition, que le nouveau régime de ces trois classes les dispensait d'appliquer, sinon et tout au plus pourles exercices d'étymologie qui rentraient encore dans les convenances et même dans les nécessites de leur enseignement. Il est vrai que beaucoup d'agrégés de grammaire sont aujourd'iiui appelés à faire des classes d'huuia-

nités; solon des ronseimuMiiciits (|iic j'ai loiil lieu de croire exacts, il y en avait soixaiilc-scpl dans ce cas en 1875. Mais^ si nombreuses (jue soient de telles e\e('(»tions, la rèiile sul»siste, et, même avec le régime <jue l'on va inaugurer, il est à craindre que bien des agrégés de grammaire, bons hellénistes en sortant des épreuves du concours, ne désapprennent un peu le grec pendant qu'ils feront des classes de Sixième et de Cinquième, où ils auront si peu d'occasions d'eu parler. C'est là un grave péril, (jue je me permets de signalera la sollicilude (l(> radmiuistration. Mais j'oserai davantage, et ma longue ex])érience me fera pardonner^ j'espère, la hardiesse d'une idée que je n'ose appeler un projet et qui ne cesse de me préoccuper depuis le temps (c'était en 1839) où M. Cousin me fit l'honneur de me confier dans l'Ecole INormale la direction des conférences destinées à la préparation des futurs agrégés grammairiens. Ce (pr(''(ail alors la scciiou dite de grammaiic. dans cet étalilissemenl, je suis [>eu fier de le rappeler : elle se recrutait le plus souvent délèves que l'on ne jugeait capables d'être ni des historiens, ni des philosophes, ni des humanistes. Les règlemenls de l'agrégation n'exigeaient pas qu'ils fussent licenciés et, pour les consoler de leui- infériorité, on ne les retenait dans l'école que deux ans au lieu de (l'ois, comme si ce n'était pas les amoiudrir encore (jue de lesj)river d'un tiers de la dui'ée d'une discipline si favorable aux progrès de leur esprit et de leur savoir. 11 nous falliil (lu Icmps j)our obtenir ([ue la IJcence fût exigée des futurs grammairiens comme de leurs camarades, que leurs études fussent de trois ans, comme celles des candidats aux autres ordres du professorat. 3Iais la grammaire rcsl.i encore longtemps frapjx'e d'une sorte de discicdil ollieiel; on s'y vouait rarement i>ar vocation jiour les études philologiques; soit dans la conlerence, soit dans les épreuves

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