LE LATIN DANS L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE SPÉCIAL
Les difficultés (jui oui jiis(ju"ici enti-avt' le succès, d'ailleurs réel, de renseignement spécial tiennent àlétat même de notre société où tout, à vrai dire, est en travail de rénovation. Plus que jamais tend à s'effacer ciiez nous la distinction, jadis si formelle, que l'on faisait entre les professions libérales et les divers services du commerce et de l'industrie. Mais un préjiiué survit à ce clianuement, et un préjugé lionoraldc. Dans notre ancienne société, on ne s'apjielait un homme bien élevé que si Ton avait traversé quelque école savante, surtout les écoles universitaires, et si l'on avait vécu dans le monde. Aujourd'hui, les progrès de l'industrie et l'extension de plus en plus libre du commerce ont répandu la richesse et créé des besoins de culture élégante chez des milliers de Français qui n'en avaient autrefois nul souci, l ii \>cri' de i'amille sans instruction, mais qui, par le seul ellort de l'intelligence et de l'Iionncteté, s'est élevé jusqu'à la fortune, au moins jus(|u"à l'aisance, ne se résigne pas à laisser ses enl'anls dans la condition d'ignorance d'où il a su soi-lir lui-même, non sans bien des peines. L'instruction ju'imaire ne satisfait pas celte ambition légitime. Le père envoie donc ses enfants au lycée, où l'éducation donne à ses lils ti'Oj) ou trop ])eu de ce qu'il faudrait: mais, avant tout, on veut (pie l'enfant devienne un hommt; /ncn élevé, et qu'il n'ait pas à rougir d'une sorte d inIV'riorité d'es|»rit au milieu de l'aisance que
(1) Journal des Débats, du 9 novembre 1878.