‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 3 sur 205 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

de préférence les opuscules où se marque mieux la maturité de l'esprit et de l'expérience. Ces morceaux d'ailleurs ont l'avantage de répondre plus directement aux préoccupations actuelles de l'esprit public en matière d'enseignement.

Quant à mes autres mémoires et articles publiés, soit dans des recueils académiques, soit dans le Journal des Savants, auquel J'ai apporté, depuis 1871, une assez large part de collaboralion, les uns ont déjà trouvé place, en 1862 et 1863, dans les deux volumes rappelés plus haut (1). Des autres, je me propose de former un troisième recueil, qui s'adressera moins spécialement que celui-ci aux pères de famille et aux professeurs.

Dans le présent volume, j'ai désiré qu'une certaine variété compensât l'inévitable gravité des sujets et des réflexions qu'ils me suggèrent. Au cours d'une longue profession, il m'est arrivé de parler devant des auditoires très divers, divers par l'âge, par le sexe, par l'éducation et, si l'on peut s'exprimer ainsi, par le tempérament. Par exemple, les conférences, dont la mode est aujourd'hui si répandue, et qui réunissent tant de personnes des deux sexes et de toute condition, exigent une autre méthode que les leçons régulières d'un cours en Sorbonne. Appelé plusieurs fois à prendre la parole devant des auditoires différents, il m'a fallu par cela même varier les formes d'un enseignement toujours sérieux pour le fond, toujours dirigé en vue d'élever le cœur autant que d'éclairer l'esprit. Dans quelle mesure ai-je réussi, ce n'est pas à moi de le dire : le lecteur verra, je l'espère, que si les morceaux qu'on lui présente ici et dont plusieurs lui sont peut-être déjà connus, se rapportent tous à l'enseignement, quelque chose du moins s'y retrouve de la variété naturelle des sujets et de l'intention particulière qu'avait l'auteur, en les rédigeant au sortir d'une

{\) Mémoira île Littérature ancienne; Paris, ISG'J, 1 vol. iii-8" ; et il/emoires d'Histoire ancienne et de Philologie; Paris, l.SG:^, 1 vul iii-8".

AU LKGTECU.

legon ou d'une conférence, ou en les écrivant pour un journal quotidien.

Je devais à mes lecteurs une autre preuve de respect : c'était de revoir .scrupuleusement, de compléter ou d'abréger çà et là, de corriger fl d'annuler, ;-elon le besoin, les morceaux compris dans ce livre. 11 leur offrira maint souvenir d'un passé déjà lointain; mais il portera aussi la marque de mes dernières médilalions et de mes efforts pour remplir dignement les devoirs de ma profession.

(Juant à mon enseignement dans la Conférence de Grammaire à l'Ecole normale suijérieure 1 183'J-1HG0), s'il ne figure ici par aucun chapitre spécial, c'est (]ue le résumé assez fidèle s'en trouve dans mes IVotiojis clémenlaires de grammaire comparée, dont la huitième édition, publiée en 1879, sera probablement la dernière. La science a fait en ces matières des progrès très rapides, dont l'heureuse influence s'étend, chaque jour, jusque dans l'enseignement classique du français, du grec et du latin. Après avoir contribué pour une faible part à ces progrès, il ne m'appartient plus de m'y intéresser autrement que pour m'instruire aux leçons d'une école de linguistes, où je suis heureux de compter quelques-uns de mes anciens élèves. Sur un seul point, peut-être, mes recherches personnelles ont pris une forme et reçu des développements plus scientifiques: je veux parler du procédé par lequel les principales langues romanes dérivent des noms substantifs par apocope de l'infinitif. Le mémoire où ce sujet est traité a paru d'abord, en 1864, dans le recueil de l'Académie des Inscriptions ; puis, en 1874, avec des changements et additions, dans le tome YI de la /{eviie des Uuifjues romanes de Montpellier : ses nouvelles propoi'tions ne me permettaient pas de le reproduire ici; d'ailleurs un tirage ù part l'a mis à la portée des personnes qui étudient l'histoire des langues néo-latines.

Il en est de même de mes (Jhservalions et i-é flexions surledéve-

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