IX. — DISTRIBUTION DES PRIX DU LYCEE CHARLEMAGNE
dre curieux, elles n'exigent pas, après tout, de si longues heures dans les journées de l'écolier. Elles peuvent, sagement ordonnées, ne pas opprimer vos anciennes études. Au fond, le programme d'une bonne éducation n'a pas changé depuis Rollin, le sage Rollin, dont vous avez salué l'image avant d'entrer dans cette salle : il s'agit toujours pour nous de former des cœurs honnêtes et des esprits justes. Ces vues plus larges sur le monde ancien et sur le monde moderne ne tendent qu'à affermir en vous une faculté qui est la maîtresse suprême de la vie. Etudier toujours sommairement, mais d'un peu plus haut qu'on ne le faisait autrefois, le spectacle de la nature et celui des sociétés humaines, c'est former sa raison ; c'est se préparer mieux au choix d'une carrière, aux devoirs que nous impose la profession choisie; c'est se défendre contre bien des illusions funestes. On se plaint beaucoup des demi-savants et de leurs malsaines ambitions. L'ignorance, ses ambitions et ses utopies sont encore bien plus à craindre. Que vous apprennent, jeiînes gens, l'histoire, les sciences mathématiques et physiques, étudiées même dans leurs simples éléments ? l'éloquence et la poésie, étudiées dans leurs œuvres les plus parfaites? Elles vous apprennent qu'il y a des vérités immuables, des vérités de tous les temps et de tous les pays; que l'humanité ne change pas de nature pour avoir aujourd'hui mieux exploré, mieux exploité son domaine; que l'homme n'a pas conquis une faculté de plus, depuis qu'il a si curieusement approfondi les mystères de son organisme ; qu'il a toujours en soi de mauvais instincts à contenir, des forces et des passions salutaires à développer. Les misères sociales qui, à divers degrés et sous tant de formes, tourmentent les nations modernes, sont un mal aussi ancien que la civilisation, et si elles ont un remède, c'est moins encore dans les institutions que dans la conscience humaine
02 I.A THADITION KT LES RpiFOHMES.
|.liiN crlaircc, dans la roiisi'ioncc pacifiée par une haute cl iclijrieuse morale.
<!ettc sapresse piali(|ue ronne le fond et comme la siiltstaucc des leçons (jiic \tiiis donnent ici Ions vos maîtres. di'piii^ je Liiaimiiaiiicii Jiis(pi an |diil(>s(iphc. depuis riiisluricu ju-M]!! au |di\sicien cl au fi(M)uu'li'c, depuis le comnicntalciii- Ar JMicdi'c ou du iSV'A'r/.f jus([u"a cet lialtile humanislc (|iir je siii- licuiciix de voii' à uns côtés (l), et ([ui vous a vi <nuNcnt l'ait apprécier les chefs-d'œuvre de la poésie, avant de produire lui-même des vers pleins dun sentiment si délicat et si pur, qui lui ont valu la plus saine et la plus jiislc popularité. Malgré tant de changements et de progrès, nous aimons toujours à nous dire des disciples de Rollin. Parfois on nous re[)roche de professer des lieux communs. Nous acceptons le rc^proche. mais eoninu' un cloge, car nous sommes heureux ([uil ) ait beaucoup de lieux communs dans ce monde, ils en sont le salut. Lieu commun (juc la famille, avec ses droits et ses devoirs ; lieu commun ipu' la liberté morale, dont un de vos jeunes mailres*a, tout a riieure. si éloqu(Mnment parlé devant vous, les lois <pii en découlent, les sanctions qui la consaer(>nt. Lieu couimnn (pie notre invincible foi eu 1 exislemc d un |irincipe supérieur à nos organes ph\si(jucs, (pii rcpugiu' obstinément à la moi't, parce qu'il se sent des droits à l'immortalité; en ce j»rincipe qui, selon réncrgi(pi(! expression d'Arislote. n est j»as seulement ■ la maîtresse partie de nous-mcme. mais est notre être même ». Lieu commun (pie celle foi en hjeii, si variée dans ses exjiressions, si uiii\eiselle |Miiirtanl. el <i bien fa i><a iite a luc^nre (pi'idle s'(''pure et ^ele\e da ii> le sa iict liai ic de nos consciences. IJeu comiiiiiii «pie ILtat et sa régulière autorité, (jUc la nationalité,
(1 M. i:. M.inu.'l.