LE DOCTORAT ES LETTRES
Le doctorat es lettres semble provoquer quelques comparaisons entre les institutions universitaires de TAUemagoe et celles de notre pays. Peut-être les Français en général connaissent-ils aussi peu le doctorat allemand que les Allemands le doctorat français. Il y a quelques années, notre confrère Michel Bréal, alors déjà professeur au CoUège de France, prenait part comme docteur, et sur l'invitation du doyen de la Faculté, à l'examen d'un candidat au même grade ; il saisit l'occasion de signaler la différence de ces épreuves et chez nos voisins et chez nous,' et l'auditoire s'étonna un peu d'apprendre que si, en Allemagne, l'épreuve du doctorat est préparée et comme garantie d'avance par de fortes études, elle se réduit souvent en elle-même à une joute peu sérieuse. Nous ne savions pas, apparemment, notre supériorité à cet égard. Autre souvenir, que celui-là me rappelle. M. Jules Mohl, le célèbre orientaliste, naturalisé Français, et qui fut trente ans membre de l'Institut, fut amené un jour, par le hasard d'un entretien, à me demander comment on devenait docteur de l'Université de France. Je lui montrai la liste de nos docteurs et la bibliographie spéciale de leursHhèses, qui lui causa une certaine
(l) Journal des Débats^ du 2 mai 1880.