CI.NQLIEMt CHAPITIIK
d'avance que celle discussion est complètement inutile et fort maladroitement entamée.
La question dont il s'agit n'est pas de savoir ce que la raison serait, ou pourrait être, dans des circonstances exceptionnelles plus ou moins poétiquement imaginées; elle est desavoir ce que la raison EST dans ses opérations constant^is, universelles, ordinaires. Si vous voulez savoir. Monsieur, ce que la raison peut ABSOLUMENT, nous ne nous en soucions guère, ni le genre humain non plus. >'ous voulons savoir ce que la raison peut REL ATIV EMEM à son état actuel dans l'homme. La question qui nous intéresse tous n'est pas la question que vous traitez ici, mais celle que vous avez réservée pour la traiter plus tard, c'est-à-dire la question de savoir si la raison a besoin d'un secours
■ logiques, en tendances nécessaires de la raison certaines erreurs, comme « le scepticisme ou le panthéisme, qui se reproduisent avec régularité et qui « viennent toujours clore les grandes époques de la philosophie. On peut de- « montrer que ces erreurs u'élaient point iuevitableâ. » Or, ces mois nous mootrent le grand embarras qu'éprouve le semi-rationalisme dans la Tausse posiliou où il s'est placé. D'un côté, il lui est impossible d'admettre en principe que certaines erreurs, comme le scepticisme et le panthéisme, soien t des lois de l'es' prit humain, des nécessités logiques, des tendances nécessaires de la raison, en un mot que ces erreurs soient in£''t;i7a6/e.s. Et il a raison, parce qu'admettre cela ce serait admettre que Dieu se serait Joué de l'homme en lui donnant, pour éviter l'erreur, une raison qui l'entraiuerait nécessairement dans l'erreur. De l'autre câté, il lui est également impossible de nier un fait bien triste, mais constant, universel, incontestable, le fait que le scepticisme el le panthéisme sereproduisenlavecrégularité, et viennent TOUJOlIRSclore les grandes époques de la philosophie. Comment concilier ces deux impossibilités contradictoires, l'une logique et l'autre historique; l'une de droit, l'autre de fait ? La chose ne lui aurait pas été bien difficile s'il eût voulu reconnaître que la philosophie, — à la suite de laquelle /e scepticisme et le panthéisme se sont reprodvàts avec régularité, pour en clore toujours les g rondes époques, —iies>\. pas la philosophie des juifs ni la philosOt>hie des chrélieus, qui se sont inspirés des traditions et ont marché aux divines lueurs de la foi, mais qu'elle est la philosophie paienne ancienne et moderne, qui s'est isolée des traditions et de» croyances de l'humanité et qui a voulu marcher, selon une expression du divin sauveur, à la lumière de ses ténèbres. (Si lumen quod in te est tenebrac sunt. Matth.) A l'aide de cette diïtiuctioo il aurait pu, sans scrupule, /ra/i5/o/-»ier en loisde l'esprit humain, en nécessités logiques,en tendance nécessaire de la raison la chute de la raison dam /«i;)Juji déplorables erreurs lorsqu'elle rejette toute tradition, toute foi. Il aurait pu aUirmer; aucoutraiie, la possibilité, pour la raison, d'éviter ces erreurs eu consentant à être enseignée et à croire- Alors la contradiction aurait cessé et le grand problème aurait été résolu. Mais c'eût été là tomber en plein traditionalisme. C'est ce qui l'a effraye. Voiià Vécueil qu'il a voulu éviter ! Modicxfidei, quare dubilasti?
222 LES SEMI-PÉLAGIEiNS DE LA. PHILOSOPHIE.
étranger ou divin non-seulement pour opérer, mais pour être. Nous n'avons rien à faire de votre m'2///fl^ plutôt abstrait que réel, plutôt logique qii'hi.'itorique.La question n'tstpas abstraite, mais réelle ; elle n'est pas logique, mais historique; et c'est un résultat réel et historique qu'il nous faut. Un résultat abstrait et logique, qui serait démenti par la réalité et par V histoire des choses, ne nous servirait à rien; et loin d'être très-important, il n'importe rien, il ne vaut rien pour nous former une idée juste de la puissance de la haison. ÏNlerci donc de tout cet échafaudage d'idées et de principes, sur lii nature de l'esprit humain, plus ou moins solides, plus ou moins arbitraires, et ramassés à l'aide d'une imagination aussi hardie que riche et brillante. Tout cela ne fait pas faire uu seul pas à laquestion, dont on sollicile la solution de toute part, à la qtiestion de la puissance réelle , pratique