TROISIÈME ACCUSATION
LE TBAOITIOSALISMF, AFFinMANT QIB LA FOI DOIT rBfXÉDF.R LA RAISON, NIF. I.JS
PRÉAMBULES DE LA FOF, et tST kn oitosition avec l'esseicneuent thég-
LOCIQL'E.
§ 4t. Mauvaise foi du semi-rattonalisme, prenant dans le sens théologn/ue le mot FOI, que le (radilionalisme n'emploie que dans le sens philosopliique. Nouvelle exposition de ta méthode traditionnelle, dans ses rapports avec la marche de la laison, jMiir arriver au christianisme. « Que la foi « thcolofjique doit précéder la raison, et qu'on n'est certain de rien que « parla révélation religieuse, » ce sont des erreurs des modernes partisans c/'HutT, que le traditionalisme regarde comme des sceptiques et a réfutés comme tels. La tradition n'a jamais donné dans ces folies. Injustice du semi-rationalisme de les lui attribuer.
!Mais voici un autre grief que le semi-rationalisme a formulé à la charge du traditionalisme, in(jé|ienilanin!eiit de la prétendue communion de doctrines entre ce dernier système et celui de M. de Bonald, communion dont nous venons de faire justice. Ce grief est bien grave. Il serait capable de brouiller sérieusement la Tradition avec renseignement catholique. On y reproche aux traditionalistes denier, ni plus ni moins, la possibilité pour l'homme de rien connaître certainement touchant Dieu, l'àine, la vie future et la loi en dehors de la révélation chrétienne. C'est-à-dire « de nier la possibilité pour l'homme de connaître certainement les motifs de crédibilité, les préambules de la fui avant de professer la foi; « et à te titre ou les dénonce au monde catholique comme des hérétiques condamnés déjà par Je concile d'Amiens et dernièrement même par l'Église.
• C'est des vérités préliminaires, dit l'auteur de lu f'ateur de la « raison, de ces vérités qui servent Ae jnéambidcs à la fui, que l'on « demande si la raison est capable de les connaître et de les établir « avant de croire à la révélation , avant tout exercice de la foi. Car, « nous avons aujourd'hui u.ns école qui vient ye/er la perturbation « dans les inteUigenas et déconcerter leurs esprits sur la religion
« en affirmant que V esprit doit comme^icer par la foi, et que régiiliè- « rement la foi précède la raison, M. de Lamennais disait : Il n'y a de « certain que ce qui est de foi. Aiijonrd'liui on change de formule, et « l'on dit : L'homme ne peut rien sans la foi, il ne comprend quoi « que ce soit s'il ne croît d'abord. Nisi credlderitîs, non întellîcjetis. « Ce qui conduit à dire que l'homme ne peut rien connaître avant « de croire à la révélation, soit directe, soit transmise par la tradi- « tion. Voilà une manière de dire que ne connurent jamais ni les « Ihéolo^jens ni les apologistes (pnge 466). »
Le nohle athlète du semi-rationalisme, descendu dernièrement dans l'arène pour combattre le monstre à sept têtes, le traditionalisme, ne s'est pas exprimé moins sévèrement à son égard. Pour cet auteur, d'après la méthode traditionnelle, «-toute puissance d'acquisition n des vérités naturelles^ des vérités fondamentales de l'ordre religieux « et moral serait refusée à la raison laissée à ses seules conditions. « L'homme ne pourrait pas, par lui-même, s'élever à la connaissance « de Dieu et des principaux devoirs. Cette nouvelle conséquence, es- « sentiellement liée au principe fondamental du traditionalisme ab- « solu, est contre renseignement de la théologie, d'après lequel nous 'I pouvons arriver, par la lumière naturelle de la raison, à la connais- « sance de l'existence de Dieu, de ses principaux attributs, de notre « fin et de nos devoirs fondamentaux ; elle est contre l'unanimité des « théologiens, qui, tous, admettent des vérités éternelles, bases de « l'ordre religieux et moral, comme certaines par elles-mêmes, lo- « giquement antérieures à la foi et lui servant de préambules. »
Voilà, nous le répétons, une accusation bien grave! Heureusement la tradition ne la mérite pas. Elle ne soutient pas, elle n'a jamais soutenu de pareilles extravagances, qui, à force d'être absurdes, finissent par être souverainement ridicules. Nous disons, il est vrai, que la révélation et la foi précèdent régulièrement la raison, sont logiquement antérieures à la raison et à rexercice de la raison, et que l'homme ne reçoit que par P enseignement de la tradition les premières notions de Dieu, de l'àme , de la vie future et des principaux devoirs. Alais , ainsi qu'on a pu s'en convaincre par l'exposition exacte que nous avons donnée plus haut (§ 6) de la doctrine Iradilionaiiste, et comme il est clair par la nature même de la question qui s'agite entre les semirationalistes et les traditionalistes, question purement philosophique et se rapportant d'abord à l'origine naturelle, logique de la counaissnnce humaine, nous n'entendons parler que d'une révélation, d'une foi pu rement ?ia/«re^/es et humaines, qui n'ont rien à faire avec la révélation chrétienne et surnaturelle^ que l'Église seule conservedanstoute son intégrité et dans toute sa pureté, non plus qu'avec la foi théologi-
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que, surnaturelle elle aussi, parce que c'est une vertu théologale et un don de la grâce du Saint-Esprit. >ous entendons parler de ces manifestations que, même en dehors de toute conmiunion chrétienne, tout homme ne et é'evé parmi les hommes reçoit dès son premier âge par ses parents. Celles-ci, comme les sens lui révèlent le monde des corps et de leurs rapports, lui révèlent le monde des esprits et des devoirs, dont il ne se serait jamais douté par lui-même, et qui, pour être des manifestations purement humaines, n'en sont pas moins de vraies révélations. ÎSous entendons parler de cette promptitude, de cette facilité avec lesquelles tout enfant adhère à tout ce que ses parents lui enseignent, et qui, pour être une adhésion purener-t naturelle à un témoignage lui-même purement humain, n'en est j.as moins un acte de foi.
Ces manifestations et cette adhésion ne sont pour nous que des conditions nécessaires, indispensables à l'esprit humain pour se former des idées du monde spirituel et moral, de même que les manifestations qu'on reçoit par Us sens et l'adhésion à leur témoignage sont des conditions nécessaires, indispensables pour qu'il se forme des idées du monde corporel et physique. Ces manifestations et cette adhésion ne sont pour nous que des conditions nécessaires, indispensables pour qu'en se formant des idées sur ces deux mondes, des idées qui lui tiennent lieu de principes sans lesquels il n'y a pas de raisonnement possible, l'esprit humain devienne raisonnable en acte, devienne la raison raisonnante, la raison complète, la raison formée, la raison naturelle. Car la raison naturelle n'est et ne saurait être que l'esprit humain entré en possession de toutes les conditions nécessaires pour raisonner.
Lne fois la raison formée, développée, arrivée à sa maturité, elle peut bien et, dans certains cas, elle doit même rappeler ces notions preniières sur Dieu , sur l'âme, sur les devoirs qu'elle a apprises par l'instruction sociale; ^lle doit examiner si ces notions, apprises par ces moyens, sont pures et raisonnables, ou bien si elles sont altérées par des éléments impurs, fantastiques, absurdes, que trop souvent l'orgueil et l'ignorance mêlent au courant traditionnel j et par cet examen elle peut arriver à s'en former des idées plus conformes à la vérité. Dans ce cas, c'est la raison naturelle, c'est l'homme naturel qui s'élève, par lui-même, aux principes fondamentaux de Tordre naturel^ religieux et moral, aux pi-éambules de la foi; c'est lui qui s'en rend compte, qui y adhère d'une m3nière plus complète, et s'y affermit.
D'après la méthode traditionnelle, nous le répétons, la révélation du monde spirituel et moral par l'instruction sociale n'est nécessaire à l'homme qu'afln qu'il sache qu'en dehors d'un monde qui se voit il existe un monde qui ne se voit pas, et qu'il puisse s'en former des
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idées, (le même que la révél;ition du monde corporel et physiq ue par les sens ne lui est nécessaire que pour qu'il sache qu'en dehors de soa propre corps et de sa propre nature il y a tout un monde de natures et de corps différents, et qu'il puisse aussi s'en former des idées. Mais, comme, aussitôt que, sur la révélalion du monde visible, obtenue par les sens, il s'est formé des iilées sur ce monde c'est encore lui qui commence à raisonner sur ce même monde et à se rendre compte des phénomènes physiques, de même, aussitôt que, sur la révélation du monde invisible, obtenue jiar l'instruclion, il s'est formé aussi des idées sur ce monde, c'est encore lui qui connnence à raisonner sur ce même monde et à se rendre compte des phénomènes spirituels et moraux.
Les différentes religions, à y bien réfléchir, ne sont que des manières différentes, plus ou moins pures, plus ou moins raisonnables, plus ou moins autorisées, par lesquelles s'est transmise à l'homme la révélation primitive de la religion. Une fois initié, par l'enseignement dome.>tique, à la connaissance du monde spirituel et moral, à la connaissance de l'existence d'un Dieu, de la spiritualité et Timmortalilé de l'âme, des lois et du culte, il peut et, dans certains cas, nous le répétons, il doit comparer entre elles ces manières différentes dont la révélation primitive a été transmise de gniération en génération, s'est propagée et établie dans le monde, et est arrivée jusqu'à lui. Il peut , en raisonnant, "arriver à conn;iître avec certitude que la religion catholique est évidemment l'enseignement le plus pur, le plus complet de la révélation primitive, l.e seul qui en renferme tous les articles, qui en montre toutes les promesses réalisées, toutes les prophéties accomplies; le seul qui explique et concilie, dans tout ce qu'elles ont deconnnun, de constant et de perpétuel, les traditions et les croyances de l'humanité; le seul qui a pour lui les motifs les plus puissants de crédibilité, ceux qui le rendent le plus autorisé et par conséquent le plus croyable, le plus vrai et le plus certain. Il s'attache donc à la révélation divine; il se fait chrétien, et connnence à croire au catholicisme par une foi surnaturelle, mais aprèsavoir été ramené à lui par une foi naturelle et par le raisonnement humain.
Pour nous, la religion catholique a l'évidence de crédiblilité la plus grande et la plus complète qu'd soit possilile d'avoir. C'est à ce point qu'il est impossible de lui refuser un ossensiment ferme, impossible de la nier ou de la révoquer en doute snns se metiie en état de rébellion avec la raison de l'évidence et l'évidence de la raison. Mais ce consentement qu'on prêle aux motifs de crédibilité, ou l'acte par lequel on croit à la révélation divine du christianisme, précisément à cause de ses motifs de crédibilité, n'est qu'un acte de prudence humaine, prescrivant de croire tout ce qui est évidemment croyable et di^ne d'un
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nssentiment ferme. C'est aussi un acte nécessairement présupposé et antérieur à l'acle de foi divine, qui est l'acte par lequel nous croyons aux choses que Dieu a révélées par la r.iison que c'est Dieu même qui les a révélées. Les motifs de crédibilité sont la raison pour laquelle on accepte le catholicisme, mais ils ne sont point la raison formelle d'y croire avec une foi divine. Les seules choses qu'on croit avec une foi divine sont les différents articles de la doctrine révélée et le témoignage de Dieu, qui les révèle. Et ce sont ces deux choses, les choses révélées et le témoignage de Dieu, qui révèle, qui forment robjetwm' tériel et l'objet /orwif/ de la foi.
Une telle doctrine ne laisse-t-eile pas à la raison son rôle naturel par rapport aux préambules de la foi et aux actes purement rationels qui précèdent nécessairement l'acceptation de la foi ? N'est-elle pas en parfaite conformité avec la doctrine de la théologie catholique touchant ce grave sujet.' Sur quel fondement le semi-rationalisme ose-t-il donc reprocher à la méthode traditionnelle le tort d'admettre que la foi à ta révélation divine doit précéder tadmission des motifs de crédibilité et même toute connaissance humaine? et le tort de jeter la perturbation dans les intelligences et de déconcerter leurs efforts vers la religion I Où trouver un seul mot dans les écrits des traditionalistes q li puisse servir même de prétexte pourarticulercontre eux de pareilles accusations? De ce qu'ils disent que l'enseignement social est aussi nécessaire à l'homme pour avoir les premières notions du monde spirituel et moral que les sensations lui sont nécessaires pour avoir les premières notions du monde matériel , s'ensuit-il qu'ils admettent la nécessité de la révélation supernaturelle pour que la raison puisse saisir des vérités naturelles? De ce qu'ils disent que la foi naturelle à l'enseignement domestique, qui aide la raison à se former dans l'ordre spirituel , lui est aussi nécessaire que la foi naturelle au témoignage des sens, qui aide la raison à se formeldans l'ordre corporel, s'ensuit-il qu'ils admettent la nécessité de b foi divine surnaturelle, théologique pour que la raison formée puisse raisonner et aiteindre des certitudes naturelles?
Attribuer aux traditionalistes de pareils torts, n'est-ce donc pas fausser leurs doctrines et leur imputer des doctrines qu'ils n'ont jamais professées et que même ils ont combattues.'
En exposant, dans nos Conférences, la doctrine de la philosophie chrétienne sur la certitude, nous avons établi que les dogmalistes, ou ceux qui placent la certitude exclusivement (/a«.s l'homme, .selon les trois moyens de connaissances que l'homme possède, se distinguent en trois catégories : l»les dogmatistes rationnels, pour qui l'évidence de la raison est l'unique criteriunule la certitude ; 2'\i&doy-
matîstes sensualistes , pour qui toute certitude est dans le témoignage des sens; et 3° les dogmatistes fanatiques^ qui ne croient qu'au témoignage de sentiment intime. Mais nous avons établi, aussi, que les académiciens, les acataleptiques, les sceptiques, ou ceux pour qui la certitude n'existe exclusivement qu'en dehors de l'homme, selon les trois témoignages que l'homme trouve hors de lui, se subdivisent en ces trois classes : I" les Sceptiques civils , qui pensent qu'on doit douter de tout , excepté des institutions de la société (Hobbes et Bayle); 2° les Sceptiques humanitaires, pour lesquels les seules croyances de rhumanitésont certaines (Buffier et Lamennais); et 3° \tsScepques religieux, qui croient que la certitude ne se trouve que dans ce que la révélation chrétienne enseigne (Huet et un grand savant de nos jours qui a abjuré son erreur). 11 y a donc eu, et nous ne saurions dire s'il y en a encore, de ceux qui soutiennent qu'il }i y a de certain que ce qui est de foi, et que la raison ne peut être certaine de quelque chose que par sa foi aux révélations divines (l). Mais, comme on le voit, nous avons tout bonnement rangé ces messieurs parmi les acataleptiques, parmi les sceptiques, il y a cinq ans. Nous avons fait mieux encore , nous les avons réfutés par cet argument sans réplique : Qu'en refusant à l'homme tout moyen d'êtrecertain de la moindre chose par lui-même, comme les Lamennaisiens se mettaient dans l'impossibilité de connaître certainement l'existence du genre genre humain, et son témoignage, le sens commun^ de même les Huetiens se placent dans l'impossibilité de connaître d'une manière
(1) Un jour, nous trouvant an milieu d'tin certain nombre d'excellents laïques, nous dcveIop|>ions, sur la demande qu'on nous en av;.it laite , la belle démonstration métaphysique de saint 'l'iiomas sur Vimmorlalilé de l'âme, renfermée dans ce syllogisuic : « Tout ôlrc indépendant de la matière, dans sa manière spécifique d'opéier, est aussi indépendant de la matière dans sa manière d'ÈTRE; or, l'âme humaine est indépendante du corps dans son opération spécifique, l'opération d'entendre {intelligeré) (car, même dans le corps , l'âme n'entend point par !e corps, mais par sa propre vertu) ; donc l'Ame humaine EST indépendamment du corps, et par conséquent elle EST, même sans le corps, elle survit au corps, et elle est imniortelle. » Notre auditoire paraissait content de cetle démonstration. Mais il n'en fut pas de même d'un ecclésiastique qui était venu se mêler à la conversation. «Croyez-vous, nous dit-il, avoir par « là prouvé d'une manière certaine votre liièse? Ah! nous ne sommes certains « de l'immortalité do l'àme que par la révélation biblicpie ! » Et en disant cela il disparut. C'était là, on le voit bien, un Huetien, un sceptique religieux pur sang. C'est le seul individu que nous ayons jamais rencontiéde cetle espèce; et il Ji'était pas traditionaliste, nous en sommes sûr. Nous ne savons pas ce qu'il était, et probablement il ne le savait pas plus lui-même !
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celrlainc rexistence de l'Église et la révélation dont elle garde le dépôt. Tout cela, avons-nous dit , est aussi absurde qu'il le serait de vouloir faire des nombres sans unité.
Cette argumentation a été acceptée d'enthousiasme par toute lécole traditionaliste. Elle nous en a loué, et l'a défendue des inqualifiables attaques par lesquelles lécole semi-rationaliste, dans l'ardeur de son zèle, s'e.st crue obligée de la combattre. Par cela même, tous les traditionalistes ont dit, eux aussi, anathème aax sceptiques religieux, et ont solennellement séparé leur cause de la leur. En sorte qu'il n'y a jamais eu, il n'y a pas même à présent de traditionaliste qui ait soutenu ou qui soutienne encore que l'homme ne peut être certain de rien si ce n'est par la récélafion sacrée, et que la raison ne prouve rien et n'est rien. La tradition na jamais donné dans cette folie. Ses écrits sont là pour l'attester. Pour elle, riiomme n'a besoin d'aucun témoignage extérieur pour être certain de son existence, de sa pensée, de ses sentiments et de l'existence du monde extérieur. Il peut avoir, par lui-même, la certitude de l'existence de ce monde aussi bien que des principes et des idées qu'il s'en forme par la vertu de V intellect agissant, parce que, dans tout cela, l'esprit ne fait que percevoir, et, d'après la doctrine de sainj Thomas: «lintellect, tant qu'il ne (ail que percevoir, est toujours vrai ; InteHectus simpliciter percipiens semper est rems. » Pour les traditionalistes, la révélation, la tradition ou renseignement des parents, ne sont nécessaires à l'homme que pour l'aider à former sa raison. Mais une fois sa raison forn^.ée, le traditionalisme lui reconnaît la puissance de démêler la vérité de l'erreur, d'éviter celle-ci, de prouver celle-là, de démontrer les préambules de la foi, de concevoir les grands dogmes de l'existence de Dieu , de l'immortalité de l'âme et des obligations de la loi avant et indépendamment de la révélation chrétienne. La tradition n'a jamais dit, n'a jamais pensé que l'homme étranger au christianisme ne peut y être amené que par la foi au diristianisme, et que, pour lui auss», la foi théologique doit précéder l'usage de la raison. Oa n'ajamais vu un traditionaliste essayant de réfuter l'incrédulité en lui démontrant la vérité de la religion chrétienne par la Bible.
Les semi-ralionalistes savent très-bien tout cela, parce qu'ils lisent et relisent avec une attention sévère, sinon impartiale, tout ce qui sort dune plume traditionaliste, dans l'espérance d'y trouver matière ou prétexte de nous attaquer. C'est donc volontairement qu'ils s'aveuglent sur notre compte, au point de nous attribuer de soutenir la doctrine que la foi à la révélation chrétienne est la condition sine QUA N0^ pour bien raisonner. C'est gratuitement qu'ils nous reprochent cette doctrine, que personne parmi nous ne professe, n'a jamais
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professée et contre laquelle la tradition, en niasse, proteste de toutes ses forces, par toutes ses affirmations et par sa conduite.