‹ La tradition et les semi-pélagiens de la philosophie: ou, Le semi-rationalisme dévoiléChapitre 20 sur 52 · HUITIÈME ACCUSATION · texte numérisé non relu

HUITIÈME ACCUSATION

I.E TRADITIONALIÂUE A ÉTÉ AUSSI CONDAMNK DEUMÈnEMEM PAR LA COKGRÉCATION DE l'index de ROME.

S 47. Une observation générale sur les quatre propositions de l'Index qu'on allègue comme ayant condamné la Tradition. Analyse de ces propositions , de laquelle résulte évidemment que le traditionalisme n'en est pas atteint. Conduite odieuse du semi-rationalisme à l'occasion des prétendues condamnations du tradilionalisnxe de la part de rautorité ecclésiastique. Combien il est triste de voir des prêtres marchant sur les traces des incrédules dans leurs attaques contre des auteurs catholiques !

\\ en est de même des quatre fameuses propositions par lesquelles on a aussi prétendu que Rome et l'Église elles-mêmes ont condamné le traditionalisme. Si nous pouvions, sans manquer aux égards que notre position nous impose, dire tout ce que nous savons d'une manière certaine toucliant l'origine et les phases de ces propositions, nos lecteurs apprendraient de fort belles ou plutôt de fort laides choses, et qui les étonneraient sans les édifier. Ce que nous pouvons affirmer d'une manière positive et sans la moindre crainte d'être démenti, c'est que, comme nous l'avons dit au commencement de cet écrit {pag. 2), la Congrégation de l'Inde.K , en renvoyant en France, avec la simple chuse : .\ihil censura dignum invenifiir, ces propositions qu'on lui avait adressées de France, n'a voulu Jrien décider ni condamner personne, encore moins la méthode traditionnelle, qui n'est au fond que la méthode catholique.

On n'a , en effet , qu'à lire attentivement et sans passion ces propositions Tpour se convaincre qu'elles ne contiennent pas un seul mot qu'on puisse traduire par une condamnation, des traditionalistes, que le semi-rationalisme et les différents Journaux ses échos ont prétendu y trouver.

La première de ces propositions est ainsi conçue: « Quoique la foi « soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais exister entre elles aucune « opposition, aucune contradiction, puisque toutes les deux viennent « de la seule et même source immuable de la vérité du Dieu très-bon et « très-grand, et qu'ainsi elles se prêtent un mutuel secours. Enaj- « clique de Pie IX, du 9 novembre 1846. » Or, qui a jamais dit, parmi les traditionalistes, qu'il se trouve de F opposition ou de la contradiction entre la foi et la raison, en d'autres termes que la foi n'est pas raisonnable? Qui a jamais nié, parmi les traditionalistes, que l'auteur divin de la foi est aussi lauteur de la raison, et que la raison

prête secours à la foi en eu démontrant la vérité, et de même que la/oi prête secours à la raison en l'éclairant de sa divine lumière? La doctrine contraire à celle que cette proposition renferme n'est admise, n'est professée que par les rationalistes-philosophes et par les incrédules. Ce sont eux et ce ne sont qu'eux qui , dans tous leurs écrits, s'efforcent de faire croire que la foi est contraire à la 7'aison, humilie, anéantit la raison en lui proposant de croire des dogmes absurdes, inadmissibles par la raison, et que ces dogmes n'ont pas, ne peuvent avoir pour auteur le Dieu auteur de la raison. Celte proposition n'a donc rien à faire avec le traditionalisme; elle n'est dirigée que contre le rationalisme absolu. Aussi elle est extraite de VEncijclique du pape Pie lA' contre celte grande hérésie.

La deuxième proposition est de la teneur suivante : « Le raisonne- « ment peut prouver avec certitude l'existence de Dieu, la spiritualité « de l'ame, la liberté de l'homme. La foi est postérieure à la révéla- « tion; on ne peut donc pas convenablement l'alléguer pour prouver « l'existence de Dieu contre l'athée, pour prouver la spiritualité et la « liberté de l'âme raisonnable contre un sectateur du naturalisme et du « fatalisme. Proposition souscrite par M. BautainleS septembre \840.-o Or, le traditionalisme, nous le répétons, a toujours et partout, par ses aflirmations et [)ar ses actes, professé qu'on peut, par le raisonnement, prouver d'une manière certaine l'existence de Dieu et la spiritualité , la liberté de l'âme; il n'a jamais enseigné qu'on peut convenablement alléguer la révélation pour prouver ces dogmes contre les matérialistes, les fatalistes et les athées, qui n'admettent pas la révélation. Une telle exagération ne se trouve que dans le symbole philosophique des partisans d'IIuet. Aussi cette proposition n'est textuellement que l'une des propositions qu'à Rome on a fait signer à M. Bautain, qui avait donné dans l'erreur d'IIuet. Et, à en juger par les éloges, fort peu^flatteurs, que le Journal des Débats lui a adressés à l'occasion de sa belle profession de foi philosophique, il paraîtrait que ce savant distingué, ce grand apôtre de la foi se serait complètement converti à la cause de la raison. Dans tous les cas, nous le répétons, ce savant et respectable ecclésiastique n'a jamais été, n'est même pas à présent un traditionaliste. Cette seconde proposition ne regarde donc pas plus que la première les traditionalistes et la tradition.

La troisième proposition est celle ci : « L'usage de la raison précède « la foi, et y conduit l'homme par le secours de la révélation et de la « grâce. Proposition souscrite par M. Bautain le S septembre 1840.» Il est vrai que, d'après le système traditionaliste, c'est la foi qui précède l'usage de la raison; car c'est un fait que c'est [en croyant au témoignage de ses parents que l'enfant apprend l'existence du monde

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