‹ La tradition manuscrite du Lai de l'ombreChapitre 13 sur 22 · CG DE · texte numérisé non relu

CG DE

et cette construction se complète tout naturellement par le résultat de la comparaison 20, entre D E F, d'après lequel D est intermédiaire entre E et F, soit :

« Rapprochons de ces résultats ceux obtenus au sujet de A B et nous obtenons le schéma général suivant :

Archétype

« Si le lecteur que ces arides déductions n'ont pas rebuté veut bien maintenant appliquer ce schéma aux différentes combinaisons de variantes données plus haut pour nos 30 groupes, il verra que toutes s'expliquent sans difficulté par lui : il n'y a qu'aux nos y, 21 et 23 qu'un manuscrit (E ou G) s'échappe de son groupe pour en rejoindre un autre ; mais si l'on considère qu'il s'agit de leçons comme cesle pour elle, il chevauche pour et chevauche, ne s'en pour ne se, on conviendra que ce sont quantités négligeables, car le premier copiste venu peut faire de ces modifications sans avoir besoin pour cela d'avoir un manuscrit différent sous les yeux. . .

« Je crois donc avoir réussi à établir un arbre généalogique expliquant d'une façon satisfaisante les rapports que présentent entre eux les manuscrits du Lai de l'Ombre, et, détail piquant, cet arbre généalogique est précisément un spécimen de la construction à trois branches que M. Bédier regrette si vivement et si justement de ne pas rencontrer dans les introductions aux éditions critiques, au moins dans l'immense majorité de ces introductions.

« Pour être parti de l'idée de « faute commune », M. Bédier s'est

trouvé dans une situation si difficile qu'il a été amené à rejeter tout classement de manuscrits et à proposer une méthode d'édition qui, dans des mains malhabiles, pourrait être bien dommageable à la critique textuelle.

« En suivant une voie très différente, et, avant tout, en nous débarrassant, à la base rhême du classement des manuscrits, de la tyrannie des « fautes communes », nous sommes arrivés à un résultat tout autre. Nous avons constaté que les manuscrits du Lai de l'Ombre se divisent en trois familles dérivées d'un archétype commun, et le canon qui se dégage de notre schéma est le suivant : La leçon de l'archétype X doit être demandée à l'accord des trois familles A B, C G et DE F ou de deux d'entre elles contre la troisième. Dans le cas de désaccord des nnuinscrits nous suivrons donc la leçon de ABCG contre DE F, ou de CODEE contre AB ou de ABDEF contre CG. La forme du texte ainsi obtenue représente non l'original, mais l'archétvpe :

elle pourra doDC être fautive. Si la faute est bien constatée, il nous sera loisible de la corriger par voie de conjecture, soit en adoptant la correction déjà faite par quelque famille ou manuscrit, soit en nous écartant même du texte de tous les manuscrits, mais à chaque fois nous devrons signaler le caractère conjectural de la leçon ainsi corrigée.

« Arrivé à ce point, je n'ai plus qu'à m'en remettre au jugement de qui de droit. Je ne commettrai pas la faute d'aller, ignorant comme je suis en philologie romane, discuter avec les connaisseurs sur la valeur respective des leçons en présence dans chaque cas . . . »

Dom Quentin a-t-il réussi à résoudre définitivement le problème ?

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