De quelques autres classements, non moins plausibles
Mais supposons qu'un critique se décide, à tort ou à raison, à établir le texte du Lai d'après le classement de dom Quentin. Encore devra-t-il tenir compte d'une certaine possibilité, que le savant bénédictin lui-même, traitant de la Vnlgate, a pris soin de mettre en relief, aux pages 94 et suivantes de ses Essais : à savoir que tels et tels copistes peuvent avoir utilisé, non pas un archétype, mais deux. Je me réfère à cet exposé lumineux : pour mieux faire entendre sa pensée, dom Quentin a dessiné une figure. Voici la pareille ', si l'on passe du cas de la Vulgate au cas du Lai de l'Ombre :
Schéma n° 5,
Original
■t\ (perdu)
archétype
X (perdu)
(copies perdues)
Par cette figure on veut dire que des manuscrits perdus, dérivés d'une source très haute, ont pu exercer sur « une famille de tradition inférieure » certaines influences, comme le montre la flèche qui frappe ;^. Plusieurs des leçons DE sont très séduisantes {enssis D E <i parti'^, v. 583, — s'esbahi DE <C iesvanuï, v. 608, etc.) : ^ aura reçu d'une copie ancienne ces leçons vénérables, authentiques.
I. Non pas tout à fait la pareille, car, dans la figure dessinée à la page 94 des Essais, la flèche frappe un seul manuscrit, lequel est un membre d'une famille riche en rejetons. Au contraire, dans la figure que je dessine, la flèche frappe le chef d'une famille : par là je pare à certaines difficultés marquées par dom Quentin (p. 93) et qu'il serait trop long d'exposer.
5é J. BÉDIER
Mais on peut aussi bien se persuader que ce fut le cas du manuscrit x : maintes leçons A B peuvent tenter plus que leurs rivales (periiii d'armes A B <i preii d'armes, v. 93, — par escole A B <C par parole, v. 339, etc.). On sera par là autorisé à dessiner ce schéma :
Schéma n" 6.