‹ La tradition manuscrite du Lai de l'ombreChapitre 5 sur 22 · II. Une méthode nouvelle · texte numérisé non relu

II. Une méthode nouvelle

Intervention récente de Dom Henri Quentin.

Si j'ai repris cette enquête et si les problèmes de cet ordre m'ont à nouveau préoccupé, je dirai même obsédé, depuis

22 J. BEDIHR

quatre ou cinq ans, c'est que je participe à l'émoi, fait de curiosité et d'espoir, qu'ont suscité dans le monde des philologues les travaux récents de dom Henri Quentin.

Chacun sait que dans son Mémoire sur Félablisseinenf du texte de la Vulgate (1922), puis dans ses Essais de critique textuelle (1926), dom Henri Quentin a préconisé l'emploi d'une méthode de classement des manuscrits dont il est l'inventeur et que son édition vaticane de la Genèse (1926) ' offre un très bel exemple d'application de cette méthode.

Qu'on me permette d'ajouter que j'ai eu le privilège d'entrer en relations personnelles avec lui dès 1922, alors que son Mémoire était encore en épreuves, et que, depuis, avec une bonne grâce et une bienveillance que je lui rends en admiration respectueuse et confiante, il a bien voulu, à mon intention, appliquer sa technique à l'étude de quelques vieux textes français, et s'employer par là à mon apprentissage. Il avait lu. il y a longtemps, la préface de mon édition du Lai, et elle lui avait semblé empreinte d'un scepticisme, peut-être d'un dilettantisme, dangereux. C'est pourquoi il a voulu se saisir lui-même du problème, et l'un des chapitres de ses Essais est intitulé : Une tradition à trois rameaux: le Lai de l'Ombre de Jean Renart.

Je me propose d'analyser et de discuter cette étude : il est bon qu'au préalable je rappelle quels sont les principes généraux de la doctrine nouvelle.

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