‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 13 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ORESTE

Qui m'appelle ? Qui ?...

Il regarde à l'en tour.

Les chiennes qui rôdent...

GLAIA, l'embrassant

Regarde : dis, ne me reconnais-lu pas, chère tête ?

ORESTE sourit

C'est toi, nourrice, chère vieille? Je te reconnais.

ELEKTRE

Frère chéri !... Hâte-toi, Glaïa : Va où je t'ai dit.

Chère vie, Oreste, oh te revoir ! Chair de mon lait, Mon premier nourrisson...

ORESTE, sombre peu à peu

Oui, c'est moi, et c'est toi ici !

Je reconnais, je reconnais : le rêve n'est pas pire. Ne pleure plus : pourquoi pleurer ? il faut ici Du courage. Baise-moi les mains, bonne vieille. Si tu veux : car demain, ce soir, tu n'oseras peut-être Plus le faire.

ELEKTRE

Va.

ORESTE

Où va-t-elle ?

Elektre et Or este

Et veiller au péril.

ELEKTRE

Guetter dans la maison

ORESTE, doucement

Veille donc, et reviens.

ELEKTRE

Tu as dormi longtemps, mon frère.

Trop longtemps.

ELEKTRE

Du moins es-tu remis de ta longue fatigue ?

ORESTE

Non. t

Court silence.

Ce n'est rien de marcher : le plus dur reste à faire.

ELEKTRE

Tu haletais dans ton sommeil ; et tu tremblais.

ORESTE

Je tremble encore. J'ai vu... ce que je sais.

ELEKTRE

Mais quoi ?

ORESTE, évasivement

Terrible, le soleil sue du feu à Mycènes.

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