ACTE PREMIER
ORESTE
Qui m'appelle ? Qui ?...
Il regarde à l'en tour.
Les chiennes qui rôdent...
GLAIA, l'embrassant
Regarde : dis, ne me reconnais-lu pas, chère tête ?
ORESTE sourit
C'est toi, nourrice, chère vieille? Je te reconnais.
ELEKTRE
Frère chéri !... Hâte-toi, Glaïa : Va où je t'ai dit.
Chère vie, Oreste, oh te revoir ! Chair de mon lait, Mon premier nourrisson...
ORESTE, sombre peu à peu
Oui, c'est moi, et c'est toi ici !
Je reconnais, je reconnais : le rêve n'est pas pire. Ne pleure plus : pourquoi pleurer ? il faut ici Du courage. Baise-moi les mains, bonne vieille. Si tu veux : car demain, ce soir, tu n'oseras peut-être Plus le faire.
ELEKTRE
Va.
ORESTE
Où va-t-elle ?
Elektre et Or este
Et veiller au péril.
ELEKTRE
Guetter dans la maison
ORESTE, doucement
Veille donc, et reviens.
ELEKTRE
Tu as dormi longtemps, mon frère.
Trop longtemps.
ELEKTRE
Du moins es-tu remis de ta longue fatigue ?
ORESTE
Non. t
Court silence.
Ce n'est rien de marcher : le plus dur reste à faire.
ELEKTRE
Tu haletais dans ton sommeil ; et tu tremblais.
ORESTE
Je tremble encore. J'ai vu... ce que je sais.
ELEKTRE
Mais quoi ?
ORESTE, évasivement
Terrible, le soleil sue du feu à Mycènes.