‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 14 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

/ ELEKTRE

La journée est brûlante.

La nuit est loin encore.

ELEKTRE

Que cherches-tu des yeux ?

ORESTE

La chienne noire que j'ai vue.

ELEKTRE, étonnée

OÙ donc ? en vérité, c'est un rêve.

ORESTE

Oui, un rêve...

Toute la race des vipères dardait.

ELEKTRE

Que dis-tu ?

ORESTE

Notre race, ma sœur, toute la race des serpents, L'infâme portée d'une mère infâme : écrasez-la.

ELEKTRE lui serre la main

Je t'entends : écrase ! Oui, c'est ce qu'il faut faire.

ORESTE, morne

D'un seul coup.

Oreste se dresse sur ses pieds.

Elektre et Or este

ELEKTRE, enthousiaste

D'un seul coup ! Merci à vous, ô dieux I Vous me l'avez rendu, celui que j'ai tant appelé, Après l'avoir perdu.

ORESTE

Est-ce moi ?

ELEKTRE

Qui serait-ce ?

Toi seul, frère divin, présent unique du Destin.

ORESTE

Es-tu seule à m'attendre ?

ELEKTRE

Tous, tous n'espèrent qu'en toi.

Et celui-ci qui vient va te le dire.

Entre Œnops en toute hâte.

ŒNOPS, les mains jointes

Or este, fils d'Agamemnon, ô présence sacrée.

J'étends le bras vers toi, mon maître : laisse-moi baiser

Ton épaule et ta main. Non, je ne t'espérais plus ;

Dans ton sommeil, je te cherchais encore ; mais maintenant

Tes yeux disent, comme Agamemnon lui-même : « C'est moi î »

ORESTE Qui es-tu toi ?

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