‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 15 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ELEKTRE

C'est le brave Œnops, l'éciiyer D'Agamemnon, et depuis... Gardien de son tombeau.

ŒNOPS

Ta sœur royale te l'a dit : J'ai l'âge de ton père.

ORESTE

Il serait jeune encore.

ŒNOPS, plus bas

Oui, les maudits l'ont tué Dans sa pleine force : Ah depuis, depuis, Mycènes Est une nef sans màt, sans gouvernail, sans voile. Dont se joue la tempête sur une mer fangeuse De forfaits et de maux : plus qu'un écueil et c'est l'abîme.

Un à un entrent les hommes du Chœur : d'abord un vieux, puis tous les autres, hommes d'âge. Elektre les rassemble. Elle s'adresse à tous, puis aux vieillards ; par moments, ils parlent bas comme si tout d'un coup on les rappelait au silence.

ELEKTRE, aUant de l'un à l'autre

Vous, hommes de Mycènes, vétérans d'Agamemnon, Dites, vous souvient-il encore de votre Roi ?

CHŒUR

Elektre, en toi, noit^ honorons, nous chérissons sa fille; Et plût aux dieux que notre roi fût notre Roi.

Elektre et Oreste

ELEKTRE

Approchez donc. Haïssez-vous l'usurpateur immonde ?

Parle plus bas, de grâce : tu m'effraies. Hélas, il régime.

ELEKTRE

Je te parlerai bas. Mais répondez, je vous conjure ! Êtes-vous des hommes ? Êtes-vous revenus de Troie Pour voir ce que vous avez vu ? Nous restez-vous fidèles?

Elektre, à qui ? A toi ?

ELEKTRE

A moi, à la race, à mon frère.

Tu nous es chère à tous. Oreste? Ah, s'il était vivant !...

Elektre s'efface.

ELEKTRE

Le voici.

0 dieux

O Jupiter !

mon

maître I

Je baise tes deux

mains.

O Roi!

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