‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 17 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ŒNOPS

Oreste, ta vue seule est un châtiment pour nos cœurs. Car tu viens te venger : ne me défends pas de le croire.

ORESTE

Crois-le donc.

ŒNOPS

Tu vas renverser le règne des bandits.

Certes le pouvoir aujourd'hui est aux pires. Les impudents vautours, becs et serres de proie, Se sont emparés de la grasse bergerie : Ils dévorent le saint royaume de Mycènes.

Vomme-moi les vautours.

ŒNOPS plus bas

Dois-je l'oser?... iîlgisthe.

ORESTE

C'en fait un.

ELEKTRE, haineuse

C'est le mâle. Dis, à présent, la femelle.

ŒNOPS, au chœur

îst-ce à nous de prononcer le nom de la Reine?

Elektre et Oreste

ORESTE, bas

Tu veux dire ma mère?

ŒNOPS, comme miUgré soi

Et plus coupable encore Que l'autre criminel peut-être : ta mère, en efTet.

ORESTE, sombre

Que vous a-t-elle fait? Vous n'êtes pas ses enfants...

ŒNOPS, hésitant

Qui te dénombrera leurs torts, à tous les deux? Que de hontes, ici, depuis la mort du Roi! Que de hontes, que de faux, que d'injustes coups! Tant et tant de malheurs.

Il ne sait pas le pire.

ŒNOPS

Il faut céder pourtant, car ils sont les plus forts. La plainte même, est interdite au faible : tout l'écrase ; Jamais le faible n'eut de droits; ha mon fils, sang royal, Le peuple malheureux perd tout quand il perd un bon maître.

ORESTE, avec mépris

Pourquoi donc n'avez-vous pas secoué le joug?

O hongres, attelés jusqu'à la mort! pas un cheval

De volée entre vous tous, pas un qui sorte du brancard.

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