ACTE PREMIER
Le rallait-il vraiment, mon xière? Tous ces crimes, Pour un comble de crime; et tout l'arbre effrayant De cette race infortunée pour que j'en sois le fruit. Et tju'avec mon poison je l'accomplisse —
Court silence.
ELEKTRE
Est-ce toi, mon frère, que tu accuses? Je m'étonne De ce que tu murmures; mais peut-être es-tu troublé Par le voyage et par le rêve.
ORESTE, douloureusement
Et par le rêve.
Toi, Elektre, tu es calme; et tu ne songes pas.
De toi, mon Oreste, bien souvent.
(au chœur) Vous, Cependant,
Chers amis, notre seul rempart, soyez remerciés. C'est sur vous que nous comptons pour l'œuvre fatale. Que le décret des dieux assignait à ce jour Sur le registre du Destin. Ecartez- vous, amis; Mais sans vous éloigner ; veillez ; ne quittez pas Le bois sacré et les tombeaux, veillez sur nous.
ŒNOPS, arec joie VeOle aussi, sois prudent, mon Roi, fils de mon Roi. Point de faux, pas ici : car il faut vaincre, vaincre à tout prix. Je t'aiderai, je le jure, je ferai tout pour toi; ^Mais il faut que tu sois le plus fort. Sois-le.
Elektre et Oreste
Tu dois l'être : nous haïssons ce que tu hais, Et nous aimons ce que tu aimes : notre espoir Est en toi. Les dieux ont annoncé ton retour.
ORESTE
Les dieux?
ŒNOPS
Sans doute. Et tous te le diront.
Oui, tous.
Le peuple est en suspens : ily a eu des présages.
Le grand vieillard Tantale appelle Jupiter, Son inapaisable ennemi, sur la maison.
Dans le silence de la nuit et le jour même, A l'heure chaude, on entend retentir l'appel; Et s'il menace ou s'il implore, nul ne le sait; Mais tous ont peur de cette voix qui plane.
Aujourd'hui même, à la lumière de midi, beaucoup Ont vu passer de grandes ombres.
ŒNOPS
On m'a dit que la Reine, Réveillée ce matin par d'étranges menaces. S'est levée, le front lourd de soucis...