‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 27 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ELEKTRE

La haine croît sous l'offense comme les joncs Du marais sous la pluie.

GLAIA

La vierge n'a pas allaité.

ELEKTRE, durement

O esclave, la vierge a le tranchant amer

Du roseau vieilli dans l'hiver empesté de la mare.

Soudain émue

Mais qn'as-tu donc, Oreste ? Pourquoi te penches-tu ? Nourrice !

ORESTE, défaillant

Quoi ?... faudra-t-il que je la tue ? Moi ? Ha

Horreur. Il tombe évanoui.

GLAIA

Hélas, hélas, jamais il ne pourra.

ELEKTRE, iiTitée, soutenant Oreste

Tu mens, c'est la fatigue ; c'est la douleur. Va, cours A la source, puise de l'eau, fais vite.

Silence. — Glaïa s'éloigne. — Elektre contemple son frère, elle lui prodigue de silencieuses caresses.

Iniquité des dieux!

Frère, tète chérie, tout mon espoir, toute ma vie,' Mon royaume et mes noces... R'ouvre, R'ouvre les yeux !... Tu ne faibliras pas ;

Elektre et Oreste

Non, ton front me l'assure... O dieux cruels...

Que sommes-nous? des fourmis sous vos pieds méchants, des verî

Que vous vous amusez à écraser, un jeu pour vous...

Me rendez-vous un frère et la vie pour me les ôter?...

Tu ne peux pas faiblir, et me trahir ainsi.

Tu es lier ; tu seras fort ; tu es né pour cet acte.

Reviens à toi, mon frère, il le faut.

Glaïa rentre. Elle porte de l'eau dans une écuelle. Donne !

GLAIA

Laisse-moi faire: sur le front,... sur le cou,... sur les tempes.

ELEKTRE, tendre

Ha, il r'ouvre les yeux.

ORESTE

C'est toi, Elektre? C'est donc vous?...

GLAIA

Mon enfant, mon enfant bien aimé, mon fils.

ORESTE

Ha

Ne le dis pas... Un fils ? Ne me rappelle pas ma mère.

GLAIA

La chèvre se réjouit de son chevreau.

ORESTE, ferme

J'ai cédé à la chaleur, au soleil.

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