ACTE PREMIER
ELEKTRE
Je l'avais dit !
Mais tu es fort.
ORESTE
Je suis fort. Tu baises mes mains, Glaïa ?
GLAIA
Elles sont si froides !
ELEKTRE, avec joie
Il va les plonger dans le feu.
GLAIA, triste, avec inaportance
Laisse-le se faire à l'idée terrible, Elektre.
Vois-tu, il est tendre : c'est un enfant comme il y en a peu...
Tu ne le connais pas comme moi.
ELEKTRE
Ha, linis.
ORESTE
Je ne suis pas changé pour toi, bonne nourrice, dis, Nourrice douce comme le lait ? Maintenant, Je suis homme.
GLAIA
Homme, certes, et le plus beau de tous. C'est moi pourtant qui t'ai fait ce que tu es, mon Oreste. .. Plus d'une fois, enfant, lu m'as mordu le sein,
Elektre et Oreste
Et comme tu tirais! j'ai senti tes premières dents, Tes petites dents de chien, pousser sur ma chair.
ELEKTRE
Ne vas-tu pas finir? Veux-tu qu'il ne parle qu'à toi?
GLAIA
Et comme tu riais! je glissais le petit doigt
Entre tes lèvres molles, et tu ne pouvais plus boire.
C'est ainsi, mon enfant, à Elektre
Vois-tu, il ne faut pas Les laisser mordre.
ELEKTRE
Tais-toi.
GLAIA, froissée 4,
Je dis la vérité.
ELEKTRE
Frère, à quoi songes-tu? peut-être, attends-tu l'heure?
GLAIA
Tout enfant, il était ainsi, lorsque je le lavais.
Ne vas-tu pas cesser de bavarder, dis-moi, nourrice? Ne sais-tu pas qu'ici il y va de la vie? Aide-nous et tais-toi.