‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 32 sur 113 · ACTE TREMIER · texte numérisé non relu

ACTE TREMIER

ORESTE

Dis tout.

ELEKTRE

Vois ici la sueur rouge des pierres, Nourrice. Ce sang répandu que rien ne rachète, Il crie sur le seuil. J'ai imploré : le justicier Un jour devait paraître.

ORESTE

Il est venu : un assassin.

ELEKTRE

Un assassin ? Le très saint meurtrier, le fer sacré Que mérite le meurtre : point de crime contre le crime.

GLAIA

Elle dit vrai : tu viens au nom des immortels, c'est sûr.

La mort paie la mort, comptant.

ELEKTRE, toujours grave

Le sang lave le sang.

Bénie est la vengeance. L'oubli seul est impie.

ORESTE

Où priais-tu les dieux de faire surgir le vengeur ?

ELEKTRE

Aux autels de cette maison, la honte et la terreur. Les morts, jour et nuit, gémissent à la porte. Tue-les.

Elektre et Or este

Ou bien tue-moi, et va toi-même te livrer.

Aussi longtemps que l'immuable pôle

Fera tourner le ciel sur le pivot de son doigt, elle

Et lui, tu devras les tuer tous les deux, — lui et elle.

ORESTE

C'en est fait : le vent souffle des cœurs en délire. La vague de la violence est soulevée.

Le bateau du malheur, avec sa cargaison de crimes, Peut accoster.

GLAIA, timide

Va, mon fils, éj)argne ta mère.

N'épargne pas la louve impure qui nourrit son loup Avec la chair de ses petits.

GLAIA, à regret

Tu ne sais pas Ce que c'est que l'amour dans une femme qui vieillit.

ELEKTRE

Leur vilenie perd la couronne et la perdra,

Sache-le : le saint respect d'autrefois n'est plus ;

On murmure : Mycènes gronde, esclave de deux femmes.

GLAIA

On ne veut plus servir le bouc chargé de graisse* Egorge-le, reprends ton bien, sauve ta race. Mais respecte ta mère.

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