‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 35 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ELEKTRE

Arme-toi ! A nous, à toi, la victoire et la vie.

Oreste, le droit est pour toi : tu seras le plus fort.

Tiens, je ris,... ha, laisse-moi rire de joie.

Dans tes yeux terribles, mes yeux découvrent le bonheur.

Sois de fer, seulement ! Ton cœur soit de granit !

ORESTE, la x^epousse avec violence

Ma sœur ? tu ne l'es pas.

Elektre se relève au désespoir.

ELEKTRE

Ha, il a peur. Malheur à moi.

ORESTE

Non. Je n'ai pas peur de ce que tu crois.

Court silence, très bas.

Mais ne vois-tu pas comme je souffre ? — Je me décide.

ELEKTRE

Tu l'as donc résolu ?

Tu y avais pensé ?

ORESTE

Sans quoi serais-je ici ?

ELEKTRE

Je t'ai tant appelé...

Elektre et Or este

ORESTE

' Ah, si j'y ai pensé?

Douceur de ■vdvre, aurore ! Enfant, je n'y songeais pas. Puis un jour s'est levé, où mon nom a sonné Dans mon àme, comme une pierre contre un bouclier. Un cri de fureur a retenti, qui m'a réveillé. Mon nom, ton nom aussi, Elektre, et celui —

ELEKTRE

Celui? Je ne t'entends pas.

ORESTE

Celui du père.

Et depuis, tout a été dit.

ELEKTRE

Je t'ai tant appelé...

ORESTE, a})Sorbé

J'étais dans mon lit, et je ne pouvais dormir.

Ce soir-là, il pleuvait; le rouge vent du nord

Secouait les grands chênes, comme un maître très dur

Secoue les esclaves par le bras. J'étais triste,

Et je songeais, — je songeais au beau royaume d'Argos

Et —

ELEKTRE Et?

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