‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 37 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Taris en moi la source de l'humanité ; dessèche Dans mes os la moelle de la pitié ; tourne en venin Jusqu'à mes bonnes larmes, jusqu'à la palpitation De mes paupières sur mes yeux : car je suis né, hélas. Pour des crimes sans nom et pour que je les venge.

Œnops entre. Il accourt avec une pai'tie du chœur. ŒNOPS

Elektre, et toi aussi, prenez garde : le roi iîlgisthe "Va sortir du palais. Viens avec nous, Oreste : Confondu dans nos rangs, on ne pourra te reconnaître.

ORESTE

J'ai compris la terre fatale, et le roc de Mycènes Semblable à la face des dieux : l'Acropole de sang Aussi est Destinée, et le meurtre un Destin Vêtu de pourpre. Pourquoi, dis, luttes-tu? Pourquoi, Oreste? Tu es l'ablette que l'aveugle impassible Pêche ici, au jour dit, à l'hameçon de la vengeance, A l'appât de l'action : ne résiste plus ! Va, tombe : Précipite-toi dans l'horreur qui te tente, l'horreur Faite pour toi, fait pour elle. L'abîme est sourd, l'abîme Est muet, l'abîme est taciturne : mais le dernier mot Est toujours à l'abîme.

ELEKTRE, l'entraînant

Viens.

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