‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 40 sur 113 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

ELEKTRE

N'approche pas.

7EGISTHE rit

Comme elle gronde entre ses dents, la lionne indomptée ! Belle plus qu'une vierge... Et vierge cependant...

ELEKTRE

N'approche pas.

^GISTHE

Tôt ou tard, il faudra que tu sentes le joug de l'homme. Peut-être aimeras-tu la main qui caresse en frappant,

ELEKTRE

La main qui frappe, je l'aimerai. N'approche pas.

^GISTHE

Elle recule ! Que crains-tu ?

ELEKTRE

Je ne te crains pas.

Je te hais.

Tu vas tomber sur le tertre. Moi, je t'aime — Je t'aime comme un père.

. ELEKTRE

O toi, entends cet homme, Entends-le.

Elektre et Or este

^GISTHE

Qui invoques-tu ?

ELEKTRE

La main qui frappe.

^GISTHE

Tu vis dans ce tombeau !

ELEKTRE

Puisse la vie de ce tombeau M'exaucer tout à l'heui'e ! puisse-t-elle en surgir Tout armée ! Insulteur, prends garde à toi, si tu me touches.

^GISTHE

Qu'elle est belle ! Il me semble parfois que tu le voudrais. Quelque jour, — quelque nuit, — je verrai ta colère à l'épreuve.

ELEKTRE, avec dégoût

Tu es rouge et pris de vin, sans doute. Cet homme, un roi ?

Je le suis. Et je suis jeune, et tu l'oublies, Elektre.

Ne me brave donc pas ainsi : je fais ce qu'il me plaît;

Je jouis de la vie, que tu ignores. Et toi —

Mais ton épaule, en vérité, sous le voile est si blanche.

Et si blanche ta gorge, sous le torrent des noirs cheveux...

Tu es pâle comme l'aube et sombre comme la nuit.

Souple et prête à bondir !

Il fait un pas vers elle.

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