ACTE DEUXIEME
ELEKTRE
N'approche pas.
7EGISTHE rit
Comme elle gronde entre ses dents, la lionne indomptée ! Belle plus qu'une vierge... Et vierge cependant...
ELEKTRE
N'approche pas.
^GISTHE
Tôt ou tard, il faudra que tu sentes le joug de l'homme. Peut-être aimeras-tu la main qui caresse en frappant,
ELEKTRE
La main qui frappe, je l'aimerai. N'approche pas.
^GISTHE
Elle recule ! Que crains-tu ?
ELEKTRE
Je ne te crains pas.
Je te hais.
Tu vas tomber sur le tertre. Moi, je t'aime — Je t'aime comme un père.
. ELEKTRE
O toi, entends cet homme, Entends-le.
Elektre et Or este
^GISTHE
Qui invoques-tu ?
ELEKTRE
La main qui frappe.
^GISTHE
Tu vis dans ce tombeau !
ELEKTRE
Puisse la vie de ce tombeau M'exaucer tout à l'heui'e ! puisse-t-elle en surgir Tout armée ! Insulteur, prends garde à toi, si tu me touches.
^GISTHE
Qu'elle est belle ! Il me semble parfois que tu le voudrais. Quelque jour, — quelque nuit, — je verrai ta colère à l'épreuve.
ELEKTRE, avec dégoût
Tu es rouge et pris de vin, sans doute. Cet homme, un roi ?
Je le suis. Et je suis jeune, et tu l'oublies, Elektre.
Ne me brave donc pas ainsi : je fais ce qu'il me plaît;
Je jouis de la vie, que tu ignores. Et toi —
Mais ton épaule, en vérité, sous le voile est si blanche.
Et si blanche ta gorge, sous le torrent des noirs cheveux...
Tu es pâle comme l'aube et sombre comme la nuit.
Souple et prête à bondir !
Il fait un pas vers elle.