‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 41 sur 113 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

ELEKTRE, à voix basse, désespérée

Père, père ! A moi !

Écoute, et vois ta fille, vois la malheurçu^e. Frappe, Toi qui fus frappé. J'étreins ta pierre et j'implore.

Klytemnestre pai'aît sur le seuil. Elle ne descend pas les degrés. — A sa vue, ^gfisthe s'éloigne et prend un air dur. — Klytemnestre pai'le à tous d'une voix impérieuse, cruelle avec Elektre, tendre avec ^gisthe. — Aux autres avec mépris.

KLYTEMNESTRE

iEgisthe, ainsi tu étais là ? A mon réveil

Je t'ai cherché des yeux, et de la main. En vain !

Ha — mon cœur battait pour toi, car je t'ai vu souffrir

Au cours d'un triste rêve : O mon cher Seigneur, tu pleurais.

Elektre rit brièvement.

C'est toi, sans doute, Elektre, qui oses rire, misérable ? Et de moi ?

Je ris de colère et de douleur, ma mère.

KLYTEMNESTRE

Que fais-tu ici, fille détestable ?

ELEKTRE

Je déteste.

Et me fais détester.

KLYTEMNESTRE

Que rôdes-tu encore Autour de ce tombeau où je t'ai cent fois défendu D'étaler l'insolence de tes larmes ?

Elektre et Or este

ELEKTRE

J'y viens écouter Une voix nocturne qui me parle de toi.

KLYTEMNESTRE

Qui te l'a permis, qui ? Qui te l'a commandé?

ELEKTRE, à vobc basse

Mon père,

KLYTEMNESTRE

Tu me défies î Je te... Rentre dans la demeure.

Non.

Ici, je suis venue. Ici je resterai.

Je ne suis pas esclave. Je suis la fille de ton Roi.

KLYTEMNESTRE, elle fait un pas

Ne le répète pas.

ELEKTRE

De ton roi et du mien, ma mère.

KLYTEMNESTRE, se domine

Il a senti le poids de cette main, ton roi.

ELEKTRE

C'est toi qui oses maintenant sourire?

Page 1