ACTE DEUXIEME
ELEKTRE, à voix basse, désespérée
Père, père ! A moi !
Écoute, et vois ta fille, vois la malheurçu^e. Frappe, Toi qui fus frappé. J'étreins ta pierre et j'implore.
Klytemnestre pai'aît sur le seuil. Elle ne descend pas les degrés. — A sa vue, ^gfisthe s'éloigne et prend un air dur. — Klytemnestre pai'le à tous d'une voix impérieuse, cruelle avec Elektre, tendre avec ^gisthe. — Aux autres avec mépris.
KLYTEMNESTRE
iEgisthe, ainsi tu étais là ? A mon réveil
Je t'ai cherché des yeux, et de la main. En vain !
Ha — mon cœur battait pour toi, car je t'ai vu souffrir
Au cours d'un triste rêve : O mon cher Seigneur, tu pleurais.
Elektre rit brièvement.
C'est toi, sans doute, Elektre, qui oses rire, misérable ? Et de moi ?
Je ris de colère et de douleur, ma mère.
KLYTEMNESTRE
Que fais-tu ici, fille détestable ?
ELEKTRE
Je déteste.
Et me fais détester.
KLYTEMNESTRE
Que rôdes-tu encore Autour de ce tombeau où je t'ai cent fois défendu D'étaler l'insolence de tes larmes ?
Elektre et Or este
ELEKTRE
J'y viens écouter Une voix nocturne qui me parle de toi.
KLYTEMNESTRE
Qui te l'a permis, qui ? Qui te l'a commandé?
ELEKTRE, à vobc basse
Mon père,
KLYTEMNESTRE
Tu me défies î Je te... Rentre dans la demeure.
Non.
Ici, je suis venue. Ici je resterai.
Je ne suis pas esclave. Je suis la fille de ton Roi.
KLYTEMNESTRE, elle fait un pas
Ne le répète pas.
ELEKTRE
De ton roi et du mien, ma mère.
KLYTEMNESTRE, se domine
Il a senti le poids de cette main, ton roi.
ELEKTRE
C'est toi qui oses maintenant sourire?