‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 42 sur 113 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

KLYTEMNESTRE

Oui, de bonheur.

Sur ta méchanceté, sur ta haine envieuse Je souffle : elles ne m.e pèsent pas plus que le fardeau Que la poitrine chasse d'une haleine, — ainsi î La haine ni l'amour ne ressuscite pas les morts.

ELEKTRE

n n'est que la vengeance, je le sais.

KLYTEMNESTRE

O malheureuse, Consume-toi sur une pierre au haut d'un tertre, Si tel est ton plaisir. Que m'importe? ici. Tu n'es rien qu'une fille funèbre.

ELEKTRE

, Funèbre

Gomme une ombre, funèbre comme le souvenir, oui. Funèbre comme le remords, cette mémoire aiguë Qui perce ses dents sur le cœur, et qui n'oublie jamais.

KLYTEMNESTRE

Lève-toi de mes yeux.

ELEKTRE

Domine-toi, ma mère.

Tu n'oublies pas, non plus. Tu ne me fais pas peur.

Elektre et Oreste

KLYTEMNESTRE

Ne me brave pas trop : le jour viendra de te punir.

ELEKTRE

Le jour n'est pas venu. Tu n'oses pas. Pourquoi N'oses-tu pas, pourtant? — Veux-tu que je le dise?

Klytemnestre en fureur descend quelques degrés. ./Egisthe l'arrête

ŒNOPS, au chœur

Éloignons-nous, mes amis, si vous m'en croyez. Il est temps de quitter ces vivants pour nos morts.

Là, que grommelez-vous ? Les fouets sont prêts pour le chenil.

KLYTEMNESTRE

iîlgisthe, laisse-les. Ils tirent sur la chaîne, les chiens ; Mais ils sont enchaînés. Vous n'osez plus que murmurer; La crainte a muselé vos aboiements de meute maigre? Rongez votre os, mais sans gronder : Je sais que mon amour Et peut-être ma vie vous font ombrage.

ŒNOPS

Eloignons-nous .

iEGISTHE

Vous ferez bien, et gardez le respect : sinon, ce soir,

Vous pourriez être exclus du festin : le partage

Des viandes et du vin se fera sans vous, imprudents !

Il rit.

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