‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 43 sur 113 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

KLYTEMNESTRE, rit, puis d'un ton dur :

Mon iEgislhe! tu sais forcer la fureur même à rire...

La viande et le vin vieux, nous le savons, sont des bâillons

Puissants à votre bouche, ô vétérans des grandes guerres?

Longtemps, il vous a plu d'aller de ces tombeaux

A notre table, et de nos tables vides à ces tombeaux.

Votre fidélité repue parlait un peu moins haut.

Mais, maintenant, cette tille acharnée à sa perte

Vous tente à la vôtre, il me semble? Sa révolte vous gagne;

Mais qu'y gagnerez-vous ? Vous jeûnerez ; vous aurez faim.

Et quel espoir, pouvez-vous donc garder ? Son père est mort

Et ne revivra pas. Quant au frère...

ELEKTRE

Ton fils...

KLYTEMNESTRE

Son frère ne vit plus, si j'en crois un message.

ELEKTRE

n ne vit plus ?

KLYTEMNESTRE

Non, sans doute, pleure-le donc, n t'est permis.

ELEKTRE

Oreste ne vit plus?

Elektre et Or este

KLYTEMNESTRE

On t'a dit : Non.

Alors, ma mère, crains les dieux.

KLYTEMNESTRE

Je sers les dieux, Et je ne les crains pas. Tu peux marcher sur moi, l'écume Aux lèvres : Que pie font tes menaces ?

ELEKTRE

Hausse les épaules, Va, brave-moi : mais écoute.

elle pousse un cri terrible

Ha — vous tous, ô dieux, • O dieux, je vous convoque, ici! C'est l'heure.

^GISTHE

Ne frémis pas pour si peu, Klytemneslre. Elle délire. Peut-être, elle veut t'efTrayer.

KLYTEMNESTRE

Te tairas-tu, maudite?

ELEKTRE

Je me tais ; mais tu trembles.

KLYTEMNESTRE

Tu mens...

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