ACTE DEUXIEME
KLYTEMNESTRE, rit, puis d'un ton dur :
Mon iEgislhe! tu sais forcer la fureur même à rire...
La viande et le vin vieux, nous le savons, sont des bâillons
Puissants à votre bouche, ô vétérans des grandes guerres?
Longtemps, il vous a plu d'aller de ces tombeaux
A notre table, et de nos tables vides à ces tombeaux.
Votre fidélité repue parlait un peu moins haut.
Mais, maintenant, cette tille acharnée à sa perte
Vous tente à la vôtre, il me semble? Sa révolte vous gagne;
Mais qu'y gagnerez-vous ? Vous jeûnerez ; vous aurez faim.
Et quel espoir, pouvez-vous donc garder ? Son père est mort
Et ne revivra pas. Quant au frère...
ELEKTRE
Ton fils...
KLYTEMNESTRE
Son frère ne vit plus, si j'en crois un message.
ELEKTRE
n ne vit plus ?
KLYTEMNESTRE
Non, sans doute, pleure-le donc, n t'est permis.
ELEKTRE
Oreste ne vit plus?
Elektre et Or este
KLYTEMNESTRE
On t'a dit : Non.
Alors, ma mère, crains les dieux.
KLYTEMNESTRE
Je sers les dieux, Et je ne les crains pas. Tu peux marcher sur moi, l'écume Aux lèvres : Que pie font tes menaces ?
ELEKTRE
Hausse les épaules, Va, brave-moi : mais écoute.
elle pousse un cri terrible
Ha — vous tous, ô dieux, • O dieux, je vous convoque, ici! C'est l'heure.
^GISTHE
Ne frémis pas pour si peu, Klytemneslre. Elle délire. Peut-être, elle veut t'efTrayer.
KLYTEMNESTRE
Te tairas-tu, maudite?
ELEKTRE
Je me tais ; mais tu trembles.
KLYTEMNESTRE
Tu mens...