‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 44 sur 113 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Tu trembles, ma mère, Et tu baisses la voix. Tu as peur même de parler.

KLYTEMNESTRE

Je ne tremble pas...

ELEKTRE

Tu trembles, tous le voient.

KLYTEMNESTRE, avec peine

Rebelle, il faudra que tu plies, à moins que tu n'espères Que ce soit moi.

ELEKTRE

Je plierai; mais tu trembles.

KLYTEMNESTRE

iîlgisthe, chasse-ki...

ELEKTRE

Il n'en est pas besoin.

Je vais, je vois pleurer Oreste au tombeau de son père.

KLYTEMNESTRE

Chasse-la. Vous tous, vous unirez bien par obéir.

ELEKTRE

Vous finirez bien par aimer vos maîtres.

Elektre et Oreste

^GJSTHE

Qu'importe?

Pourvu qu'ils soient soumis? Tu dois toi-même te soumettre.

KLYTEMNESTRE

La ville y a été réduite ; vous le serez aussi.

elle descend les degrés, à mesure que le Chœur, et Elektre se retirent derrière le tertre. Elle s'appuie sur ^gisthe, avec lassitude.

Viens, viens près de moi. Viens avec moi.

ELEKTRE, derrière le tertre, au tombeau lug-ubi'cment

O morts, tristes veilleurs de la nuit étouffante, Votre grief, ô morts, fait votre éternelle insomnie. Mais parfois un enfant vous entend et vous veille. O morts, je veille.

^GISTHE

Tu joues à les dompter, ô reine impérieuse?

Ils s'en vont; ils ont peur même de retourner la tête.

KLYTEMNESTRE

Reine impérieuse, ton esclave, esclave de son roi. Viens, viens près de moi. Toi seul !.. Leur envie, leurs outrages Je sais tout ce qu'ils pensent et n'osent dire contre nous. J'en ris. Mais quand à mon réveil, tu n'es pas là, ^Egisthe, Tout m'épouvante alors, tout m'est à charge et tout m'est vide. Se peut-il que tu m'oublies?

^GISTHE

Toujours la même plainte?

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