SCENE II
Ils font quelques pas en avant. Le jour baisse
ORESTE
Je suis perdu. Silence.
Non, je n'ai pas un cœur de fer. silence. Destin, terrible est ta face nocturne.
Court silence comme s'il écoutait.
Tu hurles, hibou?... tu gémis ?... Oui, je t'entends...
Avec désespoir
Et c'est moi, c'est moi qui suis né pour te répondre!...
C'est moi, c'est moi le dernier et le pire.
Misère de la race, fatalité du temps,
O misère ! Et tu en es, que tu le veuilles ou non !
Le nid du meurtre, la chaude horreur m'y a couvé ;
Elle m'a réchauffé dans le duvet du sang.
Et je porte le signe de la malédiction.
Il appuie sa tête sur l'épaule d'Elektre, et à voix basse Je suis perdu.
ELEKTRE, domine son impatience
Quoi, tu désespères? Attends d'avoir joué.
ORESTE
Je suis perdu,