ACTE DEUXIEME
ORESTE
Il faut que la justice règne.
ELEKTRE
Parais, vengeur ! éclair soudain, ô visiteur Inattendu, surgis ! Et surgisse avec toi Le voyageur nocturne, impatient du gîte, La mort qui entre au cœur.
ORESTE
La mort, qui frappe au cœur.
ELEKTRE
Surgis du fond des ténèbres, où l'âme se tourmente.
ORESTE
Lève-toi, jour rouge, —
CHŒUR
Le glaive, soleil de la nuit.,.
ELEKTRE
Et toi, Agamemnon, viens ! Sois fidèle au rendez-vous, Proclame, souverain, ta volonté irrésistible.
ORESTE
Voix des morts, malédiction à ceux qui vivent, Je sais ce que tu dis, et je t'entends qui gronde.
Oui, c'est la loi,
loi 6.
Elektre et Oreste
ŒNOPS
La vengeance, la lente vieille qui met tant d'années
A aiguiser, dans son somnieily le fer de l'action,
A la fin se réveille.
Nul rachat du sang versé : pour les perles rouges
Nulle monnaie
Que les rubis de l'hécatombe.
Le compte y est :
La justice réclame la dette du Destin :
La mort.
On entend la voix de Tantale, avant de le voir. VOIX DE TANTALE
Me voici, Jupiter ! Jupiter, où es-tu ?
Pour quoi, pour quel nouveau malheur, le redoutable aïeul
Avec l'ardent soleil descend-il de la tour ?
Et lui qui fuit le jour.
Pourquoi n'attend-il pas la nuit qui lui est chère ?
Le centenaire aux yeux de loup, au pas tournant de tigre, A la bouche amère qui brûle et qui ricane, Nul ne peut l'abuser : Oreste, il va te découvrir. Terrible par ce qu'il voit, terrible par ce qu'il sait.