ACTE DEUXIEME
Je contemple, silence
Je suis repu de vie avec l'envie de me repaître.
Je te connais, toi ! Tu as soif et tu as faim.
ELEKTRE
Vieillard, toi qui sais tout, de grâce, garde le silence. Prends pitié de ton sang, qui te supplie.
II bas
Il n'a point de pitié : il la dédaigne.
TANTALE
Fort, fort je suis! Les dieux m'ont livré la force : En vain! Ils m'ont ôté le sceptre : En vain! Je vis ! Et la race des fauves se mange sous mes yeux.
ELEKTRE
Que cherches-tu, toi Tantale ?
TANTALE
Mon lionceau.
Je veux lui faire voir la vallée et la ville. Mon royaume et le sien : car à jamais ici je règne. Condamné au désir par la haine des dieux. Mais en vain ! Près de moi, mon lionceau !
ELEKTRE
Ne le découvre pas. Protège-le plutôt.
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Elektre et Or este
ŒNOPS
Il ira près de toi, si tu quittes le promontoire Dangereux de ce roc, où tu te dresses plus visible Qu'un pavillon de guerre sur le grand mât. Il se cache.
TANTALE, il tend les bras
Qu'il vienne ! du plus haut, je veux voir avec lui ma terre Le vieillard est enchaîné dans l'enfer des vivants... ^
il crie En vain! ô dieux, n'y comptez pas! d'ici, tout le pays : La mer calme et bientôt la nuit, la ville et les esclaves. Vous étreindre et vous étouffer ! et vous garder A moi, — à moi, — à moi !
Divin, ttt es le délirant des dieux que tu rejettes. Tu nous fais peur, puissant : tu parles d'un autre âgel Le nôtre est trop petit et <:e n'est rien qu'une ombre Dans le sillage inexpliqué de ta grandeur.
TANTALE
Ici, les fleurs rouges : ici, les plus belles de toutes. Mes filles, les sœurs fatales, jumelles de ma tige, Nées pour le désir éternel et la perte des hommes, Hélène, tombeau des armées, Hélène, fleur de l'aube, Hélène, chant de la mort qui ravit l'àme, sirène ! Et l'autre Klytemnestre, source des attentats.
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