ACTE DEUXIEME
TANTALE, ricane lentement
Mon Acropole est mon Olympe.
Mon palais voit tourner le ciel.
Les Cyclopes et les Géants, les anciens hommes,
Ont entassé les blocs dont le dos rouge saigne,
L'échiné écorchée sous le ^loids de ma maison.
Ils ont construit ces murs de bauge,
La sueur salée a fait le mortier,
Et les rocs jointoyés sont scellés à la base
Par les crans des vertèbres.
Moi seul ne vous crains pas, ô dieux, et vous ai tenu tête.
Ce n'est pas comme vous, gardiens des tombes, vils esclaves.
ŒNOPS
Les hommes d'armes, soldats de tes fils. Tantale,
Ne sont pas des esclaves : tu les insultes. • .
TANTALE
Je te connais : je te nomme, je ne t'insulte pas.
Lionceau de ma race, où es-tu? obéis,
Réj)onds à ton destin, souffre et fais souffrir. Frappe et tue.
Arrive. Donne la mort, toi qui mourras. Arrive,
Oreste, je t'attends !
Ëlektre s'élance, Oreste la précède ORESTE, avec ardetn-
Me voici, vieillard, — si c'est moi que tu veux dire.
Elektre et Or este
TANTALE, demi-rh-e
Bienvenu, malheureux, dans la place où tu dois périr, Et près de toi, ta sœur comme la louve au flanc du loup.
ELEKTRE, avec rancune
Toi aussi, tu es là, le fauve aïeul des fauves.
Je suis venu pour l'heure où la chasse commence. Encore un, Jupiter, encore un qui t'est dévolu. Oreste, je te vois tel que je t'attendais. Approche.
ORESTE
N'est-ce point toi, la nuit, qui as crié à mon oreille?
TANTALE
Moi et tous. Chaque grain de ces pierres. Lève-toi. Marche, guette, et bondis. N'épai'gne rien.
ORESTE
Mais toi, Epargne-moi, vieillard. L'horrible tentation Ne parle que trop fort : ô désir que je ne puisse, Désir dénaturé, te rejeter de moi!...
TANTALE
Te séparer de ton désir? Veux-tu te retrancher De ta vie même ? Ton désir palpite malgré toi,
IIO