‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 57 sur 113 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Comme le cœur de l'agneau, arraché de la poitrine, Oiseau plumé à vif, saute dans la main du boucher.

Il rit.

ORESTE

De toi, je n'attends rien que du mal : tu es l'ancêtre.

TANTALE

Tu me fais honte : Vieux, bien i)lus vieux que tes ans, Plus vieux que ton visage, vieux comme ces dalles, Tu portes siu' ton dos tout le passé ; et tu faiblis Sous le fardeau.

Il ricane.

ORESTE

Accablante charge d'angoisses.

TANTALE

Je ris de ton grand âge : tu es miir pour la tombe.

ORESTE

Je le suis.

TANTALE

Ne gémis j)as : Meurs ou agis.

Mais je le sais, tu agiras : c'est à ton tour. Tu es l'héritier de la mort et du mépris Que la race a voué aux lois de Jupiter. N'hésite plus : en toi, c'est ma vie qui se poursuit.

ORESTE

Hélas.

Elektre et O reste

TANTALE rit violemment

Ne j)leiire pas d'avance : il sera toujours temj)S : Le destin y veille.

ORESTE, avec douleur

Il dit vrai. Que me resterait-il ?

L'assassinat, te dis-je, l'arme des puissants, Le libre assassinat, la loi des dieux.

ELEKTRE, indignée

Non, la vengeance.

TANTALE

Les dieux se vengent, ma fille, et l'homme assassine.

Impie entre tous les impies .-fatal à tons.

TANTALE, avec mépris

Oui, c'est moi qui ai osé mettre les dieux à l'épreuve : Les dieux outragent l'homme, ils méritent d'être outragés. Il faut oser.

Impie !

TANTALE

Certes, impie : car j'ai osé.

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