‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 58 sur 113 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Impie et redoutable.

TANTALE

Comptes-tu sur ces gueux, Oreste?

Plus craintifs que les poules, ils fuiront si tu tombes. Ne les consulte pas. Agis, si tu veux qu'ils agissent. Le peuple est toujours lâche.

Impie, qui ne respecte rien.

TANTALE

Esclaves, citoyens, ô hommes de la plèbe,

Soldats d'un maître, à qui prétendez-vous convaincre

Que votre lâcheté n'est pas votre vertu ?

Mais regardez plutôt le ravin, le roc et la terre,

La plaine et la vallée, fumés avec vos os.

Gras de votre sueur et cimentés de meurtres?

Il rit.

ŒNOPS

La joie de Tantale est un jeu de l'épouvante,

11 rit hélas : comme un éclair, le sinistre présage

Nous touche tous.

Tantale s'éloigne peu à peu.

TANTALE

Pas de pitié, pas de pitié !

Pitié, grandeur des lâches !

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Elektre et Oreste

ELEKTRE, avec indignation

Tantale, tu nous calomnies.

TANTALE, grave

Ce soir, Oreste, le gibier traînera sur la terre. Préj)are les couteaux pour dépouiller la bête. J'y serai. Tous vos actes sont justes, ô meurtriers ; Et pourtant, ce ne sont que des crimes.

Il éclate de rire.

Osez ! Osez !

Exit Tantale. On entend Téclio de son rire. Silence.

ELEKTRE

Ne frissonne pas ainsi des pieds à la tête.

ORESTE, sourdement

Oser!

Pas un n'est mort sans engendrer la mort pour qui

La lui donna : l'imi^récation de la victime

Est éternelle. Sur le dos, il regarde le ciel,

Il parle aux dieux qui se penchent vers lui. Oser !

O misères humaines ! Le mal n'a pas de fin,

Le mal, le jumeau de la vie.

Le crépuscule est venu.

Le Chœur se divise. Les uns (II et IV) conduits par Œnops, entoiu-ent Oi'este et l'entraînent peu à peu avec eux, sous les arbres.

Les autres (I et III) conduits par Elektre, se groupent près du tombeau.

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