ACTE DEUXIEME
CHŒUR
ŒNOPS, doucement
A l'œuvre, enfants ! Et tentez la fortune.
L'heure de l'action est là.
C'est la partie suprême.
Il s'agit d'emporter
La victoire et la vie.
Ou d'y rester.
TV
L'heure de l'action est là.
L'ombre tourne au cadran des faits inexorables.
Comme le lion nocturne qui s'étire et qui bâille
Le moment capital s'éveille :
Puis il bondit,
Courage I — et va se mettre,
Velouté de silence et glissant comme un glaive
Dans le fourreau
A l'affût
De la proie.
Le fils a grandi : je vois luire, Brûlant dans son œil, l'éclair nu, La flamme de la hache et l'incendie rapide Qui dévore d'un coup.
Enragé par l'attente.
L'innocence du crime Et sa paix endormie.
lia
Elektre et O reste
La vengeance altérée,
Comme un lion à la fontaine,
Relevant les babines et la griffe acérée
Encore lourde de pourpre
Comme on boit le nectar,
Lappera le sang pur.
Le vin cruel de Vhomme.
Ici, les deux groupes du chœur se trouvent réunis. Elekti'e saisit Oreste avec passion. Ils s'emljrassent. Elektre contemple son frère, et lui met les deux mains sur les épaules.
ELEKTRE
Je te contemple. O dieux, si je devais encore te perdre!... Mais non, ce ne sera jamais sans me perdre moi-même.
O ma sœur, survis-moi plutôt si je j)éris : revis Alors, te dis-je ; oublie Oreste, et te réconcilie.
ELEKTRE, sourire ardent
Oublier, moi ? Moi, pardonner ? O frère bien aimé. Tu veux que je te haïsse? Ma force dans ton cœur ! Tout mon amour pour toi, et toute ma haine pour eux, Puise-les dans mes yeux! Jamais je ne te survivrai. Jamais ! Toi seul, m'es tout : Je t'appelle mon roi, mon frère, Mon fils et mon époux : Je te nomme même le ^ère.
Il6