‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 59 sur 113 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

CHŒUR

ŒNOPS, doucement

A l'œuvre, enfants ! Et tentez la fortune.

L'heure de l'action est là.

C'est la partie suprême.

Il s'agit d'emporter

La victoire et la vie.

Ou d'y rester.

TV

L'heure de l'action est là.

L'ombre tourne au cadran des faits inexorables.

Comme le lion nocturne qui s'étire et qui bâille

Le moment capital s'éveille :

Puis il bondit,

Courage I — et va se mettre,

Velouté de silence et glissant comme un glaive

Dans le fourreau

A l'affût

De la proie.

Le fils a grandi : je vois luire, Brûlant dans son œil, l'éclair nu, La flamme de la hache et l'incendie rapide Qui dévore d'un coup.

Enragé par l'attente.

L'innocence du crime Et sa paix endormie.

lia

Elektre et O reste

La vengeance altérée,

Comme un lion à la fontaine,

Relevant les babines et la griffe acérée

Encore lourde de pourpre

Comme on boit le nectar,

Lappera le sang pur.

Le vin cruel de Vhomme.

Ici, les deux groupes du chœur se trouvent réunis. Elekti'e saisit Oreste avec passion. Ils s'emljrassent. Elektre contemple son frère, et lui met les deux mains sur les épaules.

ELEKTRE

Je te contemple. O dieux, si je devais encore te perdre!... Mais non, ce ne sera jamais sans me perdre moi-même.

O ma sœur, survis-moi plutôt si je j)éris : revis Alors, te dis-je ; oublie Oreste, et te réconcilie.

ELEKTRE, sourire ardent

Oublier, moi ? Moi, pardonner ? O frère bien aimé. Tu veux que je te haïsse? Ma force dans ton cœur ! Tout mon amour pour toi, et toute ma haine pour eux, Puise-les dans mes yeux! Jamais je ne te survivrai. Jamais ! Toi seul, m'es tout : Je t'appelle mon roi, mon frère, Mon fils et mon époux : Je te nomme même le ^ère.

Il6

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