‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 66 sur 113 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

ELEKTRE

Non ! de tuer !

ORESTE

Et de mourir. Corps à corps, face à face, Avec la blême atrocité ! Allons, assez vécu ! Ouvre-toi, nuit du monde, où j'ai ouvert les yeux : Je l'embrasse ! J'y vais, mon père ! C'en est fait, Je ne m'arrête plus.

La nuit vient.

Sur la ville rouge

Le voile du deuil

Se tend...

En pluie de cendre noire

Le ciel descend

Sur la chaude journée à jamais abolie

Et faisant face au soir,

La vie attend.

C'est la nuit.

Telle qu'une louve

Près du bercail rôde ^

Furtive

La nuit terrible et sourde

La nuit arrive;

Et dans l'ombre qui s'ouvre

Le fleuve de l'horreur va couler à plein lit,

A pleines rives.

Elektre et Or este

ŒNOPS

La nuit, toutes les nuits.

Ce soir, descend sur Mycènes,

L'Acropole muette et les rochers attendent

L'acte sombre : ils épient

Les faucheurs du destin et le coup de la f aulx

A travers la moisson funèbre de la haine.

Lourde d'épis.

A fond, l'ombre s'ouvre.

La matrice du crime et des causes de sang Va bientôt enfanter le faix noir des ténèbres; Et des rouges vengeances.

Le ventre est mûr : le fruit De tout le mal passé doit tomber de la branche. Et sous le grave ciel, f entends dans le silence. Marcher le fait sanglant.

ŒNOPS

Amis, tenez-vous sur vos gardes.

La dernière lueur du sublime soleil,

Comme le cœur se vide, épanché par les veines,

Fait une route d'or

Entre les arbres.

Le misérable triomphant,

L'usurpateur sans nom de la gloire et du lit,

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