‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 68 sur 113 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Il est presque nuit. — Elektre et Oreste se tiennent au bas des degrés, dans l'angle. — Glaia, en haut, sur le seuil.

CHŒUR

Le seul Choryphée I

L'autel est préparé Aux temples de la nuit ; Et la victime est prête, A son insu.

Le couteau aiguisé Sur un sépulcre Luit dans la main Des fatales ténèbres.

Le vin tiède de la libation, Comme d'un foudre plein Va jaillir de la bonde.

Rompant les veines.

Elektre et Oreste

La nuit tombe,

Et le ciel baisse la paupière.

En suspens

L'air est lourd sur le bois qui songe.

La ville va dormir»

Dors, ô ville !

Mais tu vas faire un rêve noir.

ŒNOPS

Et maintenant, il nous convient de garder le silence.

C'est le moment,

ORESTE

Pas encore; mais il ne tardera guère.

Dans ce moment, toute ma vie.

ELEKTRE

Toute la mienne.

ORESTE

Un grand silence.

ELEKTRE

Il nous sert. Il fait presque nuit.

ŒNOPS

On ne voit plus personne, sur la route... Enfants royaux, l'œuvre terrible vous attend. Il faut vous mesurer à l'acte résolu.

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