ACTE PREMIER
Battu par le malheur, le cœur des lîls s'est attendri;
Pour eux, le fardeau est trop lourd des vengeances fatales :
Ils n'osent plus les accomplir, sans oser s'y soustraire.
La cruauté des ancêtres écrase les enfants.
Comme un père s'amuse à faire céder un lils chéri
En pesant de la main, pas trop fort, sur la jeune tête.
Celte race s'effondre sous la paume du Destin :
L'implacable joueur qui fait la partie de la mort
A tant appesanti ses doigts sur le front des Atrides,
Que le sang en jaillit et du même jet le délivre.
VOIX DE TANTALE, très loin
JUPITER
Va, je veille. Et j'y vais mettre un terme ;
Car le destin le veut aussi. C'est son jeu de changer.
J'accomplirai la loi. Je paraîtrai. J'ai pris la forme
De Thésée, le roi d'Alhènes et de la race élue
Qui grandit sous mes yeux, pour donner au monde l'exemple
Dans la plus noble ville, d'hommes irès nobles et heureux.
Combien, Athènes, tu m'es chère, et combien loin d'ici I
J'ai monté la colline rouge, et j'ai passé la porte
Que gardent deux lions, deux lions qui s'affrontent,
La violence avec l'abomination.
court silence
Ce meurtre encore sera juste, — comme ils disent ! Moi-même, je le dis : j'ai bien dû leur donner, hélas, Une justice propre et tout aussi infirme qu'eux.
Elektre et Oreste
Le temps n'est pas encore où les hommes pourront
Se passer d'être justes selon d'injustes lois,
Le temps où le cœur pour savoir sa règle et son chemin
N'aura qu'à suivre le regard de la claire raison.
Il ne faut plus pourtant, qu'au fond de ce j)alais
Nuptial pour elle, la Mort conçoive encor du crime
Pour engendrer la mort, éternellement. Car, telle est
Telle est l'iniquité de l'exacte justice.
Mais moi.
Je suis égal comme le ciel, égal comme moi-même.
Un jour aussi la vie sera égale dans les cœurs.
Exit Jupiter.