‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 88 sur 113 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

ELEKTRE

J'en atteste la mort et le crime, Et l'outrage: tous les dieux sont témoins: ils t'ont conduit.

ORESTE

Est-ce là ma maison?

ELEKTRE

Oui, ton foyer héréditaire.

ORESTE

Ha, j'ai retrouvé mon bien ?

Certes.

ORESTE

Mon royaume :

L'abomination, l'infamie séculaire.

ELEKTRE

Que dis-tu? parle mieux du palais de ton père.

ORESTE, recule

A moi ? Je n'y entrerai pas ! loin d'eux, plus loin !

Il chancelle. Glaïa court à lui.

GLAIA

Malhem^eux enfant, il défaille. Sur ta vieille nourrice, Appuie-toi, viens. Immobile et debout, pourquoi

Elektre et Oi^este

Demeurer ainsi, les yeux toujours là-bas? Sur moi donc!. Repose-toi, du moins ; tu trembles de fatigue. Viens.

Elle monte quelques degrés arec lui.

Ha, que de sang ! Je glisse.

Oreste pousse un sanglot sec et tombe assis sur les degrés.

ORESTE

C'est moi...

Il pleure comme celui dont le cœur se brise

Quand, tombé sous la roue d'une charrette, elle le broie.

ORESTE

L'un sur l'autre, voilà les deux morts ; et c'est moi !

ELEKTRE, au chœur

Entourez les cadavi*es, pour qu'il ne les voie pas.

ORESTE

Non, restez, vous,

GLAIA

Ah, ma fille, qu'avez-vous fait?

CHŒUR

Race terrible, race trop forte, issue des dieux, Race cruelle aux hommes, race qui se déchire; La race de mes maîtres,... impitoyable, hélas»

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