‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 9 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ELEKTRE

Nourrice, chère nourrice, il est là! Lui! Oreste...

GLAIA

Tu pleures aussi, ma lille...

ELEKTRE, sombre

La joie, ô dieux, la joie...

GLAIA

C'est lui ! Je l'aurais reconnu entre mille. C'est lui !

ELEKTRE, avec orgueil

Lui seul pourrait avoir cet air.

GLAIA

Il est beau comme l'or.

ELEKTRE

Beau comme son père, nourrice, — beau comme le Roi

Qu'il est, — elle rit à demi

Beau comme la vengeance. O jour, tu es venu !

Jamais je ne t'ai vue ainsi : Tu ris, Elektre.

ELEKTRE

La joie! et l'orgueil, et l'espoir. Il me semble renaître; Mon cœiu* revit. Ha, se venger, — et te venger, mon père !

Elektre et Or este

GLAIA

Ne le réveille pas : il a l'air rendu de fatigue.

ELEKTRE

Il est las de la route ; il est las d'avoir attendu ; Mais le sommeil va lui rendre des forces, pour agir.

GLAIA secoue la tète

Ha, ce n'est qu'un enfant ! Il dort, et il frémit: il rêve; Un songe douloureux l'oppresse ; et qui sait s'il voudra Faire ce que tu eh attends ? D'abord, laisse-le vivre.

ELEKTRE, avec fureur

Indigne esclave que tu es ! dans la moelle et les os !

S'il le voudra? Mais pourquoi donc crois-tu qu'il soit venu?

Tout sera fait ce soir, — ce soir, ce soir même, entends-tu ?

GLAIA

Gomment, ma fille ?

ELEKTRE, impérieuse

Ne secoue pas la tête... Je dis, Tout sera fait ce soir, oii ne pourra jamais se faire. L'orage est mùr, mîir à crever. Comment ? Je ne le sais. Il le faut : l'action portera aide à l'action.

GLAIA, plaintive

Perdu, aussitôt donc que retrouvé ! Mon pauvre enfant ! Hélas, Oreste devra-t-il prendre à son tour...

Page 1