‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 93 sur 113 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

ORESÏE

i Cesse. Tu ne peux pas savoir, tu ne peux pas comprendre; Tu ne vois pas ce que je vois, tu n'entends pas la nuit, Tu es femme.

ELEKTRE

Une vierge, mon frère.

ORESTE

Une femme toujours.

Pourtant, tu étais là, et tu as frappé comme moi. Ha, ténèbres, n'avoir plus à mourir I

Oui, j'ai frappé; Je suis coupable, si tu l'es, et plus que toi ; Je veux l'être ; mais nous sommes sans crime, sache-le.

ORESTE

Elle le dit, elle le croit ! Mais moi, Elektre, J'entends celle qui maudit.

ELEKTRE

Personne ne t'appelle.

ORESTE

Là!

ELEKTRE

Tout est calme et la nuit dort comme un enfant.

Comme un enfant, viens dormir sur mon sein : ne rêve plus.

Elektre et Oreste

ORESTE

Un tourbillon glacé m'arrache et m'emporte le cœm*; Et chaque battement dont l'écho retentit par toutes Les veines, crie : — du sang! — et — épouvante ! —

ELEKTRE

N'y iDense plus, te dis-je. Ce qui est fait est fait, Et les dieux l'ont voulu : ils l'ont osé : aie leur ( Pardonne-toi, la fatalité jamais ne condamne.

ORESTE, tête baissée. Cris très rares

Je ne me cache pas : c'est moi, furies hai'gneuses. Hypocrites, ne rôdez plus en silence; aboyez! Venez mordre : oui, c'est moi, Oreste, je vous apporte Ma provende de misère et de crimes.

GLAIA

Hélas, hélas î

ELEKTRE, à genoux devant Oreste

Elektre te supplie. Je suis à tes genoux, mon frère.

Que tes yeux dorment dans mes yeux, et tes mains dans mes m

Reviens à toi : nous voici les maîtres; tout est à nous,

A toi ; la vie est maintenant ce qu'elle devait être.

Viens manger, viens dormir dans ta demeure, mon Oreste.

Viens prendre place dans le trône, au haut bout de la table.

Viens faire honneur à ta fortune. Viens boire aux dieux

Le vin pui* de la libation. Viens, Oreste.

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