ACTE TROISIEME
ORE3TE
Oreste ? Elle m'appelle, entends-tu, dans la nuit?
ELEKTRE
O dieux !... Non, c'est moi qui t'ai^pelle.
ORESTE se flairant
Ha, ha — L'odeur Du bouclier est sur mes mains, et la boucherie Devant moi sur l'étal.
ELEKTRE
Suis-moi : l'obscurité te trouble.
GLAIA
La clarté va renaître : déjà, sous bois la lune monte.
ELEKTRE
Agis en roi. Tu es roi.
ORESTE
Oui, j'ai la livrée.
ELEKTRE
O nourrice, comment le secourir ? Sois plus fort, frère. Redresse-toi, allons, je ne te reconnais plus.
ORESTE
Tu ne sais rien, ô femme, tu es comme la nuit,
Tu ne me connais pas ; et tu ne vois pas dans ton cœur.
Ne me quitte pas, j'ai peur.
/ Elektre et Or este
ELEKTRE, étouffant un sanglot
Va, pauvre enfant.
Je suis là, je te bercerai ; essuie-lui les yeux, Glaïa : il pleure.
Allez'-vous-en, toutes deux ; laissez-moi.
ELEKTRE
Pleurer ainsi ! Souffrir ainsi, et se désespérer ! Pourquoi ? Méprise le remords, puisqu'il fallait agir.
ORESTE
Il fallait — il fallait — il fallait ! — O paroles ! Il fallait ? — Sans trembler, comme elle ose le dire ! 11 fallait! — Ces mots éternels tombent sur moi Comme des pierres, par monceaux et me lapident.
11 se lève.
Arrière, tous ! arrière.
ELEKTRE
. Tu me repousses?
Où vas-tu ? pourquoi te penches-tu en frissonnant ?
ORESTE, mystérieusement
Elektre, elle est là; elle le veut.
ELEKTRE
Qui est là?