ACTE TROISIEME
La même horreur, jusqu'au genou, — la même fin pour tous ; Et sous l'iipre aiguillon, la même chute au même tas.
Mon frère, ma douleur ! J'apprends une angoisse nouvelle,
C'est toi qui me l'enseignes : te voir dans cette mort, hélas !
O destin, c'en est trop, el je m'y perds enfin.
Ce n'était pas assez de tant de mal, sans doute ;
Ce n'était pas assez des tortures souffertes,
Du crime et des injures, il y avait place encore
Au désespoir suprême et qui survit à tout :
Au mal que l'on nous fit, le mal que tu te fais s'ajoute ;
Et j'y dois assister impuissante, moi, moi!
Qui ai tout mis en toi, moi ! qui pour ton bonheur.
Eusse donné avec joie jusqu'à dix fois ma vie.
Tu brises mon courage : à ton tour, aie pitié de moi,
Oreste ; je ne te comprends pas, aie pitié cependant.
Épargne-moi, épargne mon espoir, je te suiDplie.
Si cette œuvre terrible, ordonnée par les dieux.
Achevée dans le sang comme elle a dû y naître,
Ne fait que ton malheur, et consomme ta ruine,
Alors qu'Elektre meure : car certes, elle ne veut plus vivre.
Entre Tantale, une torche à la main. Il s'arrête, d'abord, au plus haut de la place. Il a jusqu'à la lin le ton d'une ironie, d'une invective et d'une joie sauvages.
TANTALE, il crie
Ha!
Sur le fait, sur le fait ! Pris sur le fait de mort Comme l'amante avec l'amant sur l'acte de la vie !