‹ La Tragédie d'Elektre et OresteChapitre 96 sur 113 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

La même horreur, jusqu'au genou, — la même fin pour tous ; Et sous l'iipre aiguillon, la même chute au même tas.

Mon frère, ma douleur ! J'apprends une angoisse nouvelle,

C'est toi qui me l'enseignes : te voir dans cette mort, hélas !

O destin, c'en est trop, el je m'y perds enfin.

Ce n'était pas assez de tant de mal, sans doute ;

Ce n'était pas assez des tortures souffertes,

Du crime et des injures, il y avait place encore

Au désespoir suprême et qui survit à tout :

Au mal que l'on nous fit, le mal que tu te fais s'ajoute ;

Et j'y dois assister impuissante, moi, moi!

Qui ai tout mis en toi, moi ! qui pour ton bonheur.

Eusse donné avec joie jusqu'à dix fois ma vie.

Tu brises mon courage : à ton tour, aie pitié de moi,

Oreste ; je ne te comprends pas, aie pitié cependant.

Épargne-moi, épargne mon espoir, je te suiDplie.

Si cette œuvre terrible, ordonnée par les dieux.

Achevée dans le sang comme elle a dû y naître,

Ne fait que ton malheur, et consomme ta ruine,

Alors qu'Elektre meure : car certes, elle ne veut plus vivre.

Entre Tantale, une torche à la main. Il s'arrête, d'abord, au plus haut de la place. Il a jusqu'à la lin le ton d'une ironie, d'une invective et d'une joie sauvages.

TANTALE, il crie

Ha!

Sur le fait, sur le fait ! Pris sur le fait de mort Comme l'amante avec l'amant sur l'acte de la vie !

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