‹ La tragédie de Pasiphaé par le Sr ThéophileChapitre 30 sur 50 · ACTE QVÀTRIESME · texte numérisé non relu

ACTE QVÀTRIESME

GEOLIER

Vrayment, au souvenir, i’en hérissé d’effroy. Toutesfois, si leur sort est au vouloir du roy.

Les Dieux les destinoient au monstre pourpasture.

ARIADNE

S’ils pouuoient euiter leur cruelle torture.

En serois-tu content?

GEOLIER

Je serois ejoüy.

Sans doute, si j’auois leur deliurance oüy.

Comment? Minos veut-il leur supplice remettre. Satisfait de les voir à sa raercy soubmettre?

ARIADNE

Je pense le Tyran bien Ioing de tel aduis.

GEOLIER

Comment seront-ils donc h la Parque ravis?

ARIADNE

Si tu veux seconder avec moy, pitoyable,

De mon sacré dessein l’entreprise loûable.

GEOLIER

Excepté le deuoir qui m’oblige à la foy,

Votre commandemant peut disposer de moy ;

Ne doutez de mon ayde, elle vous est permise.

ARIADNE

De tous ces condamnez la charge t’est commise , Tu portes mesme icy la clef de la maison ,

Ouures quand il te plaist et fermes la prison.

GEOLIER

Il est vray, je puis seul disposer de la porte.

PASIPIIAÉ.

ARIADNE

Donc je te Veux ouurir vn secret qui m’importe ,

Auec condition du silence promis.

GEOLIER

Madame, sans danger il me sera commis.

ARIADNE

Vn de ses innocens, destiné à la Parque,

Vn qui par sa beauté parmy tous se remarque ,

D’assez riche stature et d’vn port plus diuin Que les vrais immortels, compagnons de Jupin ,

Vn Adon , vn Archer, second fils de Cyprine ,

D’vn traict inopiné m’a blessé la poictrine;

Ebloüissant mes yeux de ses perfections ,

A gaigné si auant dans mes affections,

Que je suis toute en luy, ne parle, ne respire Que l’espoir d’vn hymen où mon amour aspire.

Ne pouuant que par toy ce bonheur acquérir.

Humble , je viens icy ta grâce requérir.

Sans que rien du complot paroisse en euidence Tu peux secrètement, comme par imprudence.

Laisser la porte ouuertc et lasclicr mon amant.

Je t’offre de guerdon ce riche diamant.

GEOLIER

Que i’expose mon chef pour luy donner la vie!

De telles charitez oneques je n’eus enuie.

ARIADNE

En fuyant auec nous tu ne peux encourir,

Eloigné de ces bords, le danger de mourir;

La fureur de Minos tu n’auras plusù craindre.

GEOLIER

Les longues mains des roys peuuentpar tout atteindre. Je serois insensé de courre en vn exil

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