ACTE SECOND
MINOS, SILVRE, ORACLE , ambassade ürs.
Batu d’vn coup du ciel, espouuantable effroy,
Qui se pourra vanter du vain tiltre de roy ?
La couronne n’est pas vne capable roche Pour emousser les traits que Jupiter décoché. J’apprends, helas ! j’apprends que les astres tousjours Regorgent de mechef pour malheurer nos jours ;
Ainsi, doresnauant, tes fiâmes radieuses A mes jours, beau soleil, eclattent odieuses ;
Ainsi doresnauant mon âme n’a d'objcct Qui ne luy soit d’ennuy lamentable subject.
Rien ne s’offre à mes yeux qu’encombre, et les delices Plus douces de ma court ne sont que des supplices ; Tout ce qui plus joyeux s’oppose à ma langueur De mon deuil incurable augmente la rigueur;
Mon cœur, traisnant du ciel la colereuse flèche,
Porte tousjours la main à sa recente brèche,
Se propose tousjours et gémit en horreur De nature et du ciel le monstrueux erreur.
Vn prodige germé de ta royale souche,
Vn taureau dont ta femme à ta honte s’acouche ; D’effroy ce souuenir hérissé mes cheueux,
Et me revient tant plus esteindre je le veux.