ACTE II
Simphronie.
Ne le sçavez-voiis point!'
Censorin,
Non , pas certainement.
Simphronie.
Je vay donc vous le dire en deux mots clairement. Martian n'est pas seul qui sent son ame esprise De la gentille Agnès , un autre la courtise, Un autre la recherche avecque passion, Qu^elle va chérissant de grande affection.
Censorin.
Qiielquun m'avoit bien dit qu'amour l'avoit rendue Si folle d'un amant qu'elle en estoit perdue.
Simphronie.
Pourquoy me l'avez-vous si longuement celé?
Censorin.
Je ne sçavois le nom dont il est appelle , Mais à présent j'en ay certaine cognoissance.
Simphronie.
SuSj sus, nommez le moy que j'en prenne vengeance.
JO SAIN Ti: ACNÉS.
Censorin.
// se nomme Jcsiis , autrement salvateur,
Ce disant mesmc fils du grand Dieu créateur.
Comment, grand Jupiter, elle est donc(]ues clirestienne ! Certes je la pensais ainsi que nous paycnne ; Or voila qui va bien , je n'en suis pas fâché , Car nous r accuserons de ce vilain pcchc; J'entens si je connois qu'elle s'opiniastre A refuser monfds, qui par trop l'idolastre.
Censorin.
// ne faut point douter qu'elle demeurera Constante en son amour.
Simphronie.
Et vrayment non fera.
Censorin.
Non ferai' vous verrez.
Simphronie.
Je n'en ay pas d'enrie.
Censorin.
Je vous dy quelle est tant de ce Jésus ravie {A ce que l'on m'a dit) que plustost mille fois Vous auriez adoucy les tygresses des bois.