‹ La tragédie de sainte AgnèsChapitre 7 sur 65 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Une jeune beauté qui n'a point de semblable

En l'empire romain me captive si fort,

Qu'un esclave est heureux comparé à mon sort.

Censorin.

Comment appelle-t-on ceste fille jolye,

Qui de ses beaux cheveux si fermement vous lie?

Martian.

Elle se nomme Agnès.

Censorin.

Je ne la cognoy pas.

Martian.

Je suis si fort espris de ces charmeurs appas , Qu'il ne m'est plus moyen de faire résistance, Si je n'en ay bien tost la douce jouyssance.

Censorin.

Dittes , depuis quel temps estes-vous son amant , Pour vous aller ainsi tristement consommant?

Un mois s'est révolu, voire un peu davantage. Depuis l'aimable jour que je vis son visage.

Censorin.

Et que s'est- il passé du depuis entre vous?

14 SAINTI': AGNliS.

Martian.

// ne s'est rien passe sinon que du courroux.

Censorin.

Du courroux! et comment i'

Martian.

Hélas ! c'est qu'elle m'use D'un vigoureux mcspris cl du tout me refuse.

Censorin.

Elle est bien dédaigneuse,

Martian.

0 dieux ! elle l'est tant Qu'elle pourrait lasser l'homme le plus constant! Voire eust-il surmonte tous les périls du monde , Soit de ceux de la terre , on bien de ceux de l'onde.

Censorin.

Ho ! que me dites vous?

Martian,

Je vous dy vérité.

Censorin.

Par les dieux, c'est usé de trop de cruauté ; Mais, mon plus cher amy, dittes moy la responce

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