‹ La tragédie du nouveau ChristChapitre 39 sur 114 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

mat»'-... Et ainsi un jour succède à un jour... EX un malheur remplace «lo même an autre mal-

L'AVEUG LE

Ha! certainement, cela es! véritable... Il en passe des gens, el puis d'autres qui veulent bien donner tous leurs sous pour aider à bâtir des cathédrales (Il fait un geste impétueux), mais quant à en offrir un seul afin de taire vivre des êtres comme nous sommes, non. ils n<i le désirent pas

LE MANCHOT dont la colère se fait jour.

I>ien volontiers ils nous laisseraient pourrir sur terre i... De quelle manière les intéressons-nous?.., Que sommes-nous pour eux véritablement? Us pensent que nous somme- peu de chose et il- ne nous considèrent pas comme des hommes dont Ils puissent tirer profit!... Nous ne leur donnons aucune joie!... Alors pourquoi?... Ba! ils vont s'en payer maintenant ! Us sont beureux! Ils ont des aspects d'allégresse qui me font peur!... Car il- sont partis des villages, de tous côtés, et ils se dirigent vers la Ville; et est-ce parce que l'on inaugure la cathédrale, non cela n'esl qu'un prétexte, et ils ont le désir de jubiler, ils ne se soucient guère du reste. . Ah ! chienne de terre !...

(Depuis quelques instants, la femme estropiée a quitté son observatoire. Elle a écouté le manchot. Elle a, elle aussi, un aspect véhément, sombre et bourru.)

LA FEMME ESTROPIÉE avec impétuosité.

Bon! bon!... qu'est-ce que cela nous fait?... Plutôt que de nous lamenter, mieux vaut prendre le plus de plaisir que nous pouvons!... Vous êtes là à geindre tout le temps! Et puis après?... Allons! allons! il faut rire à la fin!... C'est bien

permis !.

(En proie à une joie parodiée et brutale elle s'empare tout à coup de l'aveugle et elle l'emporte dans une ronde boiteuse étrangement tragique. L'aveugle se défend, pousse des cris, et rit. La femme estropiée se tord en tournant. Le manchot s'esclaffe et tire de l'orgue de Barbarie un air suraigu et grinçant.)

L'AVEUGLE se débattant.

Ho! ho!... Eh bien, qu'est-ce qui te prend?... Assez ! assez ! . . .

LA FEMME ESTROPIÉE riant d'une manière brusque.

A la Ville, n'est-ce pas? ils sont tous en joie!... Veux-tu gémir devant eux afin qu'ils se moquent de ton affliction?... Oui, oui, ils nous croient lamentables et misérables! Eh bien, qu'ils passent

TROISIEME l».\ i; I 11:

donc a présent et qu'il- non- voient '.... 11- n'ont jamais vu la misère danser, ii- seront peut-être effrayés de -ou aspect !...

L'A Y E UG I. E parvenant er.

Ouf!... ouf!... Ah ! bon Dieu !... Je n'en pouvais plus !...

Il va - i tre le talu>, d'un air

effaré; la femme aui béquilles s'écroule par terre, 'I»' j ♦ » i e fausse »'t -onore: le man-

■ t fait t * » 1 1 j . . vi r- — t< »iirii«r la roue de l'argue.

Entrent uue troupe «le vill g femmes en costumes de dimanche, rouges comme des briques, de- nommes rustiques et ép

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