‹ La tragi-comédie de la République allemandeChapitre 14 sur 38 · PRÉFET DE POLICE · texte numérisé non relu

PRÉFET DE POLICE

En octobre 1922 je rendis visite au docteur Abegg, directeur du département de la police au ministère de P Intérieur prussien, pour conférer avec lui sur certaines questions ayant trait à la lutte contre les mercantis de l’alimentation. A la suite de la baisse du mark, le prix des marchandises était de nouveau monté ; la lutte, de la part de la police et des offices de fixation des prix, contre les spéculateurs qui tiraient parti de cet état de choses, laissait à désirer. Je fis observer à Abegg qu’il était du devoir du gouvernement prussien, pour des raisons d’autorité d’abord, mais aussi pour des raisons politiques et psychologiques, de mieux organiser sa police contre ce fléau. Abegg fut absolument de mon avis. Au cours de l’entretien, comme nous discutions des meilleures méthodes à employer, Abegg me proposa d’entrer au service de l’Etat prussien et d’assumer moi-même ce travail. Il me dit que la direction de la police des prix qui dépendait du ministère de l’Intérieur, et qui était ce qui restait de l’ancien office contre les spéculateurs institué pendant la guerre, fonctionnait maintenant d’une manière insuffisante. De toute façon, on était décidé à déplacer le directeur de ce département ; je lui succéderais, si je le désirais. A priori la proposition ne me déplaisait pas. Mon activité au ministère du Travail ne me contentait plus et,

même avec ma charge de parlementaire, ne suffisait pas à remplir mes journées. D’autre part, cette nouvelle tâche m’attirait. Aussi, j’acceptai. Mais je dus entrer dans l’administration, ce qui m’était moins agréable ; je m’y résignai, puisqu’on ne pouvait faire autrement. Je fus donc nommé, le 11 novembre 1922, « directeur de la police des prix au ministère de l’Intérieur prussien ».

Le département dont j’assumais désormais la direction était relativement réduit ; il comprenait quatre hauts fonctionnaires, un certain nombre de fonctionnaires moyens et subalternes, ainsi que des employés pour la chancellerie et l’enregistrement ; en outre l’autorité exécutive comprenait deux commissaires et quinze fonctionnaires subalternes de la police judiciaire. La direction de la police des prix s’occupait de l’exécution, dans toute la Prusse, des lois, dont la plupart avaient été promulguées pendant la guerre, et qui réglementaient l’économie. Mes instructions visaient donc l’ensemble de la police prussienne, y compris la police communale, et mon office était en rapports constants avec cinq cent quarante administrations de police.

Mais les temps de l’économie contrainte étaient passés. Ni les consommateurs eux-mêmes, ni les syndicats, n’étaient disposés à participer activement à la lutte contre les mercantis. D’ailleurs la législation en cette matière était si compliquée que les juges ne s’y retrouvaient plus. Mille quatre cents décrets de toute nature avaient été promulgués depuis 1915. Mon premier soin fut de demander la codification de ces diverses lois, laquelle devrait être introduite plus tard dans le nouveau code pénal. Ma suggestion fut acceptée en partie par le gouvernement du Reich qui obtint du Reichstag, par le vote d’une loi spéciale, les pouvoirs nécessaires pour sévir. La nouvelle loi contre les spéculateurs entra en vigueur le 13 juillet 1923.

J’occupai le poste de directeur de la police des prix pendant dix-sept mois. Le 31 mars 1924, la direction fut dissoute ; beaucoup trop tôt à mon avis. Mais le ministre des Finances voulait faire une économie de 250 000 marks et le ministre de l’Intérieur céda. Je continuai à exercer, comme référendaire, au ministère, la haute surveillance des offices de fixation des prix.

En février 1925, Severing, ministre de l’Intérieur de Prusse, voulut, sur le conseil d’hommes politiques éminents, me proposer pour le poste de préfet de police de Berlin. J’étais disposé à accepter mais sous certaines conditions ; je demandai notamment que le vice-préfet d’alors, le docteur Moll, et quelques autres fonctionnaires fussent congédiés par le ministre de l’Intérieur. Tout d’abord les négociations échouèrent. Quelques semaines plus tard, on revint me trouver. Le 27 avril 1925 je fus nommé préfet de police de Berlin. Le parti démocrate berlinois m’était hostile parce qu’il avait voulu le poste pour l’un des siens, le docteur Friedensburg. Mais son opposition fut sans effet. J’entrai en fonctions le 16 mai.

Entre temps, c’est le docteur Friedensburg qui avait remplacé le docteur Moll comme vice-préfet. Friedensburg était un républicain énergique, très capable et travailleur, mais aussi très ambitieux. Il fut pour moi un collaborateur utile. Tout d’abord assesseur dans l’administration des mines, il avait été ensuite sous-préfet de l’arrondissement de Rosenberg, en Prusse orientale. Il avait surmonté très vite, avec intelligence et énergie, les difficultés que les junkers et les fonctionnaires nationaux-allemands avaient cherché, au début, à lui susciter là-bas.

Mon activité comme préfet de police de Berlin, de mai 1925 à octobre 1926, aussi bien que de novembre 1930 à juillet 1932, a été l’une des plus intéressantes de ma vie. Il faut dire que dans la république

démocratique, la police prenait sous sa garde fidèle le citoyen « du berceau à la tombe » ; en outre, elle était le plus solide soutien du nouvel État.

Avec ses 21 000 fonctionnaires, employés et ouvriers, la préfecture de police de Berlin est la plus grande administration de ce genre au monde. Dans ce total sont compris, en chiffres ronds : 14 000 agents de la schupo, en uniforme, dont 300 officiers et 4 000 jeunes agents encasernés ; 3 000 agents de la police criminelle y compris les 300 fonctionnaires de la police politique, et 4 000 fonctionnaires de l’administration, employés et ouvriers.

Il serait trop long d’énumérer ici toutes les tâches qui incombent à la police, à Berlin. Disons simplement, pour fixer les idées, que la poste délivre à la préfecture environ 12 000 pièces par jour, et qu’il en est expédié des bureaux à peu près autant.

La police criminelle de Berlin a la réputation d’être l’une des meilleures du monde. Sa tâche est immense bien qu’il ne se commette pas, en moyenne, plus de crimes à Berlin que dans les autres grandes villes du monde. La police criminelle est en relations suivies avec toutes les autres polices de l’étranger. Elle possède un répertoire contenant 47 000 photographies de criminels. En 1931 l’atelier photographique a fourni 133 800 épreuves. L’invention, par le Français Bertillon, de la méthode des empreintes digitales (dactyloscopie) n’a pas rendu le répertoire photographique inutile. Mais la méthode dactyioscopique est d’une importance capitale pour l’identification des criminels. La collection d’empreintes de la police berlinoise comprend 535 000 feuillets. Souvent il a été possible à la police, grâce à quelques empreintes, d’identifier un criminel des années après qu’il avait commis son acte, et alors qu’il se croyait définitivement en sûreté. La collection d’empreintes de la police de Berlin est à la disposition de toutes les polices du monde. Il n’y a pas de faux nom, de fausse

nationalité ou de faux passeport qui puisse sauver un suspect, si la police a déjà pris une première fois ses empreintes digitales.

La préfecture renferme aussi un grand musée contenant une collection d’instruments ayant servi à commettre des vols ou des assassinats, des reproductions en cire ou des photographies de criminels célèbres, etc. On y trouve aussi le fameux « capitaine de Kôpenick », avec l’uniforme qu’il portait lorsqu’il se présenta à l’hôtel de ville de Kôpenick. Gomme la plupart des criminels ont des sobriquets, la police possède un répertoire de 3 200 pseudonymes. Souvent, la connaissance de l’écriture du criminel est utile. Le musée contient une collection de 4 700 spécimens d’écritures, qui a permis plus d’une fois d’identifier des criminels.

La police distingue entre les criminels ordinaires et les criminels professionnels. Les criminels ordinaires sont ceux qui ont commis leurs actes poussés par la nécessité, ou encore par occasion, par légèreté d’esprit, par entraînement. Les criminels de profession sont les plus dangereux. Ils commettent leurs crimes par penchant et considèrent leur « activité » comme un « travail », qui comporte de grands risques, mais qui est « honorable », un sport lucratif dont ils ne peuvent se passer. Les criminels sexuels appartiennent, pour la plupart, aux criminels de profession. Les policiers sont obligés, eux aussi, do. se spécialiser. Souvent les criminels professionnels font montre d’une habileté qui provoque l’admiration de la police elle-même.

La police politique s’occupe de la recherche des espions, des fauteurs de haute trahison, insurrection, troubles, grèves, lock-outs et surtout de la poursuite de toutes tentatives dirigées contre l’État, sa Constitution et ses fondements économiques. Elle est chargée de surveiller la presse, les réunions et les associations

politiques. Un de ses départements importants est celui de la police des étrangers.

Après 1918, la police politique dut être complètement refondue. Lorsque, en 1918, le social-démocrate Eugen Ernst devint préfet de police, les agents de l’ancienne police politique, par peur de représailles, brûlèrent dans la cour de la préfecture, tous les actes concernant les poursuites qui avaient été intentées contre des socialistes. Cela se passait le 8 novembre. Des documents précieux et importants ont été ainsi anéantis. En particulier, on a perdu toute possibilité de se renseigner sur les relations qui liaient l’ancienne police prussienne avec l’Okrana russe.

La police politique républicaine rompit définitivement avec le système des mouchards ; elle devait se procurer ses renseignements par les voies légales. Mais la police avait des « hommes de confiance» en foule. Des «personnalités» de tous les camps politiques s’offraient à la police pour la renseigner, bien entendu, moyennant rémunération, sur les agissements secrets des partis extrémistes. J’étais ainsi toujours parfaitement au courant de tout ce qui se passait d’important aussi bien parmi les communistes que parmi les extrémistes de droite. Souvent, quelques heures à peine après que, dans des réunions secrètes, des résolutions avaient été prises, le rapport écrit les concernant était sur mon bureau, et je pouvais prendre mes mesures en conséquence.

En été 1926, à la suite d’une dénonciation, les agents découvrirent dans le sud-est de Berlin une officine de faux passeports du parti communiste. C’était une bonne prise. Avec beaucoup de mal, mais aussi beaucoup d’adresse, les communistes s’étaient procuré tous les timbres officiels et les signatures nécessaires pour établir des passeports à destination de tous les pays où ils avaient besoin d’envoyer des courriers secrets et des agitateurs; iis avaient élabii,

d’après ces modèles, des timbres en caoutchouc, de sorte qu’il leur était extrêmement facile de fournir leurs partisans de tous les visas dont ils avaient besoin* Ils avaient, d’ailleurs, fait amplement usage de cette organisation. Elle était logée dans la maison d’un communiste, qui n’avait pas d’activité publique. La police y découvrit deux armoires, où les timbres officiels et les fac-similés de signatures étaient rangés en bon ordre, et un fichier et des registres. Dans ce fichier et ces registres étaient consignés exactement leB noms de tous ceux qui avaient obtenu des faux passeports et les faux noms sous lesquels ils voyageaient. On retrouvait la Griindlichkeil , la méthode et la conscience germanique jusque chez les révolutionnaires communistes. Cette, découverte nous fit rire de bien bon cœur.

Les « falsificateurs de documents » appartiennent à une catégorie spéciale de criminels. Le plus souvent, les pièces qu’ils falsifient servent à des fins politiques ; ils les proposent contre argent à la presse et aux partis. 11 existait et il existe encore dans presque toutes les grandes villes du monde des officines qui s’occupent régulièrement de la fabrication de faux documents et qui font souvent preuve, dans ce travail, de beaucoup d’habileté.

Durant ces dernières années la Russie des Soviets a constitué un excellent terrain d’exploitation pour les falsificateurs de documents, qui tiraient ainsi parti de la peur que le communisme inspirait à l’Europe. L’un d’entre ces faussaires* Druschelowski, arrêté en 1926 à Berlin, est devenu célèbre. Les « documents » qu’il produisait tendaient à prouver que l’attentat commis en 1925 dans la cathédrale de Sofia, et qui avait fait plusieurs victimes, avait été organisé par le gouvernement russe. La police politique de Berlin réussit à découvrir qu’il s’agissait d’une falsification, et à le démontrer. Néanmoins, Druschelowski persista

à soutenir que les documents étaient authentiques. Je demandai à le voir. C’était un homme d’aspect chétif et déplaisant, qui ne parlait que quelques bribes d’allemand. Il soutint qu’il avait reçu les documents de personnes qui étaient en rapports, à Moscou, avec le gouvernement des Soviets. Il avait offert les documents par patriotisme. A vrai dire il n’appartenait à aucun parti politique russe, mais il était un adversaire fanatique des Soviets ; il ne cessait de proférer, dans son mauvais allemand, d’affreuses injures contre ceuxci. Druschelowski ne pouvait être puni pour son faux puisque celui-ci ne portait préjudice ni à l’Allemagne ni à des citoyens allemands. On se borna à l’expulser. Plus tard, il fut assez imprudent pour rentrer en Russie et il semble qu’il y ait été assassiné.

En juin 1932 la police berlinoise arrêta le Persan Abdul Ali Kahn Afschar et un certain Georges Jélaguine. Tous deux avaient, depuis des années, alimenté les représentants diplomatiques étrangers en prétendus documents secrets du gouvernement russe. Ils pensaient — avec raison d’ailleurs — qu’on pouvait vendre aux diplomates toutes les pièces qu’on voulait, ceux-ci ne s’inquiétaient pas de leur vraisemblance, si grande était la peur que leur inspirait le danger communiste. Pour fabriquer leurs « documents » ils achetaient d’abord, chez les marchands de photographies, les portraits de jeunes gens qui avaient l’air le plus démoniaque possible. Ils collaient ces portraits sur des formulaires : déclarations d’arrivée, etc., que tout le monde pouvait se procurer dans les antichambres de l’ambassade de Russie. Ils écrivaient sur ces formulaires n’importe quoi, la plupart du temps des textes complètement dénués de sens, truffés de noms propres qu’ils avaient cherchés dans des annuaires étrangers. Ils faisaient rephotographier le tout et ils avaient enfin leurs « documents ». Iis se rendaient alors dans les ambassades étrangères et proposaient, avec des

mines mystérieuses, leurs plaques à vendre. Une ambassade leur acheta à peu près tout leur stock, qu’elle paya mille marks. D’autres délégations n’hésitèrent pas à acquérir ces étranges documents. Quand on l’arrêta, le Persan déclara qu’il n’avait jamais pensé que des diplomates pussent être aussi crédules. Il considérait que c’était son droit d’avoir tiré parti de cette crédulité.

L’un des faux documents les plus sensationnels et dont les répercussions politiques furent considérables, c’est la lettre dite « de Zinoview », publiée dans la presse anglaise avant les élections à la Chambre des communes de 1925. La lettre était datée de Moscou, 15 septembre 1924, et portait la signature de Zinowiew, président du comité de la III e Internationale, dont elle prétendait émaner. On y invitait, entre autres, les communistes anglais à préparer la révolution par une agitation dans l’armée et la marine. L’emprunt que la Russie sollicitait de l’Angleterre devait servir à Huancer cette agitation. On soutenait aussi que certaines personnalités du Labour parti ), alors au pouvoir, sympathisaient avec les communistes russes et leurs buts. Le sens de toute la lettre, faite pour la publicité, tendait à dénoncer au peuple anglais le gouvernement travailliste comme bolcheviste, à mettre la peur du bolchevisme au cœur de la bourgeoisie anglaise et à préparer la défaite des travaillistes aux prochaines élections. Ce^ dernier but fut effectivement atteint, bien que la falsification eût été démontrée avant les élections.

La police berlinoise n’eut pas, bien entendu, à s’occuper de cette affaire ; mais l’un des hommes qui y avaient participé lui étant tombé plus tard entre les mains, elle a pu obtenir les renseignements suivants dont l’authenticité ne saurait être mise en doute. La « lettre de Zinowiew » avait été fabriquée dans une agence de nouvelles de Riga, tenue par des émigrés

et dirigée depuis 1924 par un certain Pokrowsky. Cette agence était une véritable officine de faux documents soviétiques. Les faux étaient d’abord adressés à Berlin, au fameux faussaire Orlof, et partaient de là pour Paris et Londres. Un Anglais qui séjournait à Riga était chargé de collaborer avec l’agence. On se servait de documents parfaitement authentiques du parti communiste, qu’on modifiait légèrement et dans lesquelles on introduisait de faux noms. L’acheteur de Londres, un ancien officier russe, avait demandé en automne 1924 du matériel pouvant être utilisé contre le parti travailliste dans la prochaine campagne électorale. On avait alors maquillé plusieurs anciennes instructions du parti communiste et fabriqué, entre autres, la « lettre de Zinowiew ». Voici comment on se prit pour l’expédier. Un exemplaire en fut envoyé, par poste recommandée, à l'ambassade soviétique de Londres. En même temps, on alerta des fonctionnaires de la police de Londres et on leur indiqua par quel courrier la lettre arriverait. Les policiers saisirent la lettre à la poste de Londres, l’ouvrirent, photographièrent le document devant témoins et dressèrent un procès-verbal de l’opération. Puis ils remplacèrent la lettre par du papier blanc et refermèrent l’enveloppe. Un facteur, suivi de loin par deux policiers, alla remettre l’enveloppe, contre quittance, à l’ambassade. Lorsque la lettre fut publiée par la presse, le Foreign Office exigea de l’ambassade soviétique la communication de la lettre, dont elle donnait la désignation exacte. L’ambassade ne put que répondre que l’enveloppe contenait du papier blanc. Les autorités an glaises avaient agi de bonne foi dans l’affaire, puisque seuls le faussaire et son correspondant de Londres étaient dans le secret. Je ne saurais même affirmer qu’officiellement Scotland Yard se soit douté de la falfisication. Quoi qu’il en soit, la lettre de Zinowiew eut l’effet politique qu’on en avait attendu.

Le 18 mai 1926 ma mère décéda à l’âge de soixantedix ans. Ce fut un coup très dur pour moi. J’avais cependant eu le bonheur d’avoir ma mère dans ma maison, durant les derniers mois de sa vie. Mon beaupère était déjà mort en 1909, après une courte maladie ; ma mère s’était remariée en 1916. En automne 1925 étaient apparus les premiers symptômes du cancer d’estomac qui devait l’emporter et dont son père lui-même était mort. Une opération qu’elle subit en décembre lui permit seulement de passer sans douleur les derniers mois de sa vie. Elle garda toute sa lucidité jusqu’à quelques jours avant sa mort et ne parut pas se douter de la gravité de sa maladie, ou bien ne voulut-elle rien me dire? Mon cœur se brisait quand je songeais que j’allais bientôt perdre ce cœur simple, cet être excellent, cette mère que j’aimais par-dessus tout. Sa mort fut pour moi une perte incalculable. Chère maman, je te suis redevable de tant de beauté et de bontés dans ma vie !

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