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MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

Dans l’Allemagne démocratique, le ministère de l’Intérieur de Prusse était la plus forte position politique. Il commandait à l’administration et à la police du plus grand État allemand, un État de quarante millions d’habitants. La social-démocratie avait toujours attaché, avec raison, une grande importance à cette position. Après la révolution de 1918, le poste avait été occupé d’abord par le député à la Diète Paul Hirsch, puis par le député au Reichstag Wolfgang Heine, et enfin, après le putsch de Kapp, par Severing. Lorsque le député du centre Stegerwald avait constitué son cabinet, le 21 avril 1921, Severing avait cédé la place au démocrate Dominikus, un personnage beaucoup plus vaniteux que démocrate. Mais au début de novembre 1921 Otto Braun était devenu premier ministre et avait rappelé Severing.

Severing est originaire de^ Westphalie. Serrurier de profession il avait été secrétaire du syndicat des ouvriers du métal, à Bielefeld, puis rédacteur de la Bielefelder Volkswacht. En 1912 il avait été élu au Reichstag. Après le putsch de Kapp le gouvernement du Reich l’avait nommé commissaire pour la région industrielle de Rhénanie-Westplialie. A la suite du putsch, de graves combats avaient eu également lieu dans cette région et Severing avait offert sa médiation aux partis. Lorsqu’on apprit qu’il allait devenir

ministre de l’Intérieur les sociaux-démocrates de Westphalie mirent en garde l’opinion contre cette nomination. Ils tenaient Severing pour un homme insuffisamment énergique. Néanmoins, il fut nommé.

Pendant les premières années de son ministère, il a certainement rendu d’importants services à la République. Ces services ont-ils été suffisants? Voilà qui apparaît aujourd’hui plus que douteux. Il fut loin d’exercer tout le pouvoir dont il disposait. Il ne sut pas entreprendre avec énergie le renouvellement du personnel au sein de l’administration et de la police prussienne. Il est vrai que la police en uniforme fut réorganisée sous son ministère ; mais ce fut beaucoup plus l’œuvre d’Abegg que la sienne. Dans la question de la réorganisation administrative, il a gardé une attitude passive, se bornant à adresser des « mémoires » au Parlement. Néanmoins Severing a joui d’une grande considération dans le monde politique. Il tenait beaucoup à son poste, bien qu’il ait toujours prétendu le contraire. Il se considérait lui-même comme irremplaçable. Ceux qui l’approchaient et travaillaient avec lui savaient que, tout au moins à partir de 1926, il n’était plus à hauteur de sa tâche.

Severing n’a jamais eu un tempérament de lutteur. Il cherchait toujours à atteindre son but par des négociations et des concessions. Quand il prévoyait qu’il se heurterait, dans une entreprise, à une résistance sérieuse, il préférait s’abstenir. Avec cela, c’était un homme très intelligent, et un politicien très doué, mais qui manquait de caractère (1). Il ne savait pas dire : « Non » tout au moins aux adversaires politiques qui venaient le trouver. Il promettait beaucoup mais tenait malheureusement peu. Il était parfois étonné lui-même de la grande considération dont il

(1) Ces lignes ont été écrites avant qu’on ait parlé dans la presse d’une prétendue soumission de Severing à Hitler. (Note du Tr.)

jouissait; car il avait assez d’intelligence pour s’apprécier parfois, dans son for intérieur, à sa juste valeur. C’était un bon orateur parlementaire, habile dans la discussion, et qui savait trouver des formules frappantes pour exprimer ses vues. Il devait bien se connaître car il me dit un jour que les bons orateurs parlementaires ne faisaient pas toujours les meilleurs ministres. Je ne pus que l’approuver. Une autre fois — c’était peu de temps avant qu’il donne sa démission — il me demanda pourquoi on tenait tant à lui dans le parti ; je lui répondis que je n’en savais rien moi-même ; vraisemblablement, il fallait en voir la raison dans les façons charmantes qu’il savait avoir avec les gens et son habileté à les éconduire.

Bien que nous fussions des connaissances de vingt ans, nous n’avons jamais été vraiment intimes. Nos deux natures étaient trop foncièrement différentes. Severing avait même une antipathie secrète pour moi. Il fit des pieds et des mains pour m’empêcher de lui succéder au ministère. Lorsque, en 1926, par suite de son état de santé, il dut songer sérieusement à démissionner, il chercha un autre homme que moi. Noske, qu’il avait d’abord choisi, fut écarté par le parti. Il pensa ensuite au préfet de Düsseldorf, Karl Bergemann, puis à celui de Lüneburg, le docteur Krüger. Mais l’un et l’autre ne furent pas, non plus, agréés par le parti ; quant à moi, il estimait que je n’étais pas fait pour ce posta, sans qu’il pût cependant préciser les raisons de son opinion. En réalité, c’était là un effet de l’antipathie qu’il nourrissait contre moi. J’avais toujours rempli à la satisfaction générale les diverses fonctions qui m’avaient été confiées depuis mon entrée dans la vie politique. D’ailleurs je ne tenais pas du tout au poste de ministre de l’Intérieur ; mon activité comme préfet de police me satisfaisait complètement.

Lorsque, en septembre 1926, Severing annonça

publiquement sa retraite, le groupe social-démocrate du Reichstag désigna pour lui succéder Robert Leinert, qui fut depuis bourgmestre de Hanovre. Mais Otto Braun écarta sa candidature. Ma candidature n’avait pas été envisagée par le groupe, tout d’abord parce qu’on tenait à me voir conserver le poste de préfet de police ; et ensuite parce que je ne jouissais pas des sympathies de la majorité. Je flattais trop peu les collègues et préférais aller mon propre chemin. La surprise fut d’autant plus grande lorsque, le 6 octobre 1926, Otto Braun me nomma ministre de l’Intérieur de Prusse, et cela sans avoir même consulté le groupe. Mais cet acte était bien dans sa manière. Je dus principalement ma nomination à l’intervention du chef du groupe social-démocrate à la Diète, mon ami Ernst Heilmann, et du chef du centre, le docteur Hess, dont j’ai déjà parlé.

Moi-même je ne tenais plus ma nomination pour possible ; les forces qui s’y opposaient me paraissaient à peu près insurmontables. En août de cette année-là, rendant visite à Zurich, à un ami, je lui avais parlé des intrigues menées contre moi et de l’opposition de Severing.

Ma nomination ne trouva pas partout, dans la presse politique, la même approbation. Mes amis publièrent la nouvelle en y ajoutant un résumé de ce qu’avait été ma carrière. Chez les adversaires eiie déchaîna une tempête d’injures contre « la politique de parti », qui devait se perpétuer sous mon ministère. Ainsi, si le 8 Uhr Abendblatt écrivait : « Il est certain que Grzesinski était le seul homme possible, » la Deutsche Tageszeitung , l’organe des conservateurs agrariens, publia sous la signature d’Ackermann : « Le préfet de police Grzesinski est connu pour être un homme habile ; mais il est à craindre, si l’on considère l’activité qu’il a eue jusqu’ici, qu’il n’emploie cette habileté, tout comme son prédécesseur Severing, à

consolider avant tout ia position du parti socialdémocrate en Prusse. » Et la Rote Fahne , l’organe du parti communiste, écrivait le 7 octobre : « Grzesinski a siégé, depuis toujours, à l’aile droite du parti socialdémocrate. Son insignifiance, et sa haine de la classe ouvrière révolutionnaire, Font désigné au député Heilmann comme une marionnette tout indiquée pour occuper un poste dans le gouvernement. »

Ceux qui s’imaginaient que j’allais poursuivre la politique de Severing se trompaient radicalement. Lorsque je vis cette opinion exprimée dans un journal social-démocrate, j’écrivis au rédacteur en chef, qui était de mes amis : « Malgré toute l’estime que j’ai pour Cari Severing, je ne me considérerai jamais comme son successeur, je veux dire que je ne continuerai pas la politique jusqu’ici suivie par lui, parce que j’estime qu’elle n’a pas toujours été la bonne. J’entends suivre ma propre voie, celle que je tiens pour la plus juste. »

En prenant possession de mon poste, le 7 octobre, je prononçai devant les fonctionnaires du ministère un discours où je déclarai, entre autres choses :

Dans le cadre de sa compétence, chaque fonctionnaire est indépendant. Pour le reste, et c’est ce que je tiens à dire tout de suite, c’est moi qui, devant le pays et le Parlement, suis personnellement responsable de la conduite des affaires. C’est-à-dire que tout fonctionnaire ou employé de cette administration ne doit rien faire, dans son service, qui ne corresponde à mes vues et à ma volonté. Dans les cas douteux, je vous prie de vous en remettre toujours à ma décision. Car je dois répondre pour chacun de vous, et vous couvrir de mon autorité devant le Parlement et le Pays. Mais il m’est impossible de le faire s’il y en a, parmi vous, qui croient pouvoir mener une politique personnelle.

Je m’étais proposé de réaliser, comme ministre de l’Intérieur, ce que j’avais exigé de tous mes pré-

décesseurs pendant que j’étais député et préfet de police. Pour cela, il me fallait remplacer certains fonctionnaires par des hommes qui avaient toute ma confiance. Avant de m’appliquer à des tâches plus vastes, je devais d’abord mener une politique démocratique à l’intérieur même de mon ministère. Des premières décisions que j’allais prendre dans ma nouvelle fonction dépendait aussi mon prestige. En politique, comme ailleurs, il importe de prendre un bon départ. Je savais que de ce premier geste dépendait la considération dont je jouirais parmi les fonctionnaires, ainsi que dans le monde politique.

Tout d’abord, je tâchai d’obtenir que le soussecrétaire d’État, le docteur Meister, qui appartenait au parti populiste allemand, présentât immédiatement sa démission. Cette décision m’était particulièrement douloureuse à prendre. Non seulement le docteur Meister était un honnête homme et un bon fonctionnaire, mais il avait beaucoup insisté, en son temps, auprès de Severing pour que je fusse nommé préfet de police. Mais la politique que j’entendais poursuivre exigeait son éloignement. J’avais besoin pour me représenter au ministère d’un autre soussecrétaire d’État. Le docteur Meister se trouvait sous l’influence trop directe des chefs du parti populiste. Mais, en dehors de cela, je n’étais nullement contre la participation des populistes au gouvernement, au contraire.

Sur ma proposition, le docteur Meister fut mis en disponibilité et remplacé par le docteur Abegg, directeur du département de la police. Abegg est demeuré pendant des années mon collaborateur fidèle. C’était un fonctionnaire de carrière, qui avait de magnifiques états de service ; républicain convaincu, bon démocrate, il possédait aussi de hautes qualités de chef. Son successeur au poste si important de directeur du département de la police fut le docteur Klausener,

nommé sur la proposition du docteur Hess ; un fidèle serviteur de son maître, quel qu’il fût, qui était toujours de l’avis de celui-ci quand il voyait que l’autre avait une volonté forte ; au surplus, il intriguait tant qu’il pouvait. Mais c’était un fonctionnaire capable ; sous ce rapport, je n’ai jamais eu à me plaindre de lui.

Les tâches que je me proposai, conditionnées par la situation politique, furent les suivantes :

1° La lutte contre les ennemis de la République ;

2° La consolidation de la puissance de l’État, notamment grâce à la réorganisation de la police ;

3° Le remplacement des hauts fonctionnaires réactionnaires par des partisans convaincus de la Constitution de Weimar, et par des hommes étrangers à l’administration, choisis dans les larges couches de la population ;

4° La suppression des privilèges que les junkers possédaient encore en Prusse, dans l’organisation particulière des « circonscriptions terriennes » ( Gulsbezirke);

5° La réforme administrative des communes et de l’État.

A ma grande joie, je trouvai, quand je voulus passer à la réalisation de mes projets, l’appui sans réserve d’Otto Braun, le premier ministre de Prusse. Bien que, dans les débuts, je sois entré souvent en conflit avec lui, la plupart du temps, du reste, à propos de détails, notre collaboration a été très féconde. Je lui dois beaucoup de suggestions précieuses. Il m’a toujours soutenu dans l’exécution de réformes souvent difficiles.

Otto Braun était un homme d’État de tout premier ordre. Il n’a pas eu son égal en Allemagne depuis 1918. C’était un homme d’une moralité et d’un caractère supérieurs, du plus grand désintéressement et d’une rigueur peu commune. L’amour de la vérité, la mo-

destie et la fidélité constituaient les traits dominants de son caractère. Il ne fut jamais orateur, ni homme à faire usage de grands mots. Néanmoins il a souvent trouvé des formules excellentes pour définir une situation. Il vivait très à l’écart, trop peut-être pour un homme politique. Il avait été d’abord typographe, puis rédacteur à Kônigsberg. En 1910, il avait été élu membre du comité du parti socialdémocrate. Il était l’un des dix députés socialistes qui avaient siégé à la Diète prussienne avant la guerre.

Braun avait une vision politique extraordinairement lucide. Il a prévu le retour de la réaction dès qu’il s’est rendu compte qu’il éjtait impossible de mener en Prusse une politique républicaine avec Brüning et Hindenburg. Quand il s’aperçut qu’il ne pouvait plus éviter la catastrophe, il se confina dans une sorte de fatalisme. Pendant quelque temps, il lui avait été possible d’exercer une certaine influence sur Hindenburg. De son côté, le président avait éprouvé quelque sympathie pour Braun. Mais la camarilla de vieux généraux et d’anciens camarades qui entouraient le maréchal et aussi l’influence désastreuse de son fils Oscar, un être incapable et dont les opinions réactionnaires n’étaient pas, déjà, tout à fait désintéressées, furent les plus fortes. Bien longtemps déjà avant le 20 juillet 1932, Hindenburg ne recevait plus du tout Braun. Dans les dernières années, tourmenté par la sciatique et les rhumatismes, Braun avait dû prendre des congés répétés. L’évolution suivie par la politique en Allemagne l’a durement frappé dans son cœur, et elle détruit l’œuvre de toute sa vie. Il était lié d’amitié avec Ebert sans pourtant apprécier beaucoup le caractère du président ni approuver sa politique. Au contraire, il était un adversaire décidé de celle-ci et la tenait, du point de vue des intérêts de la République, pour insuffisante. Il voulait qu’on se tînt strictement sur le terrain constitutionnel et, même

sous la présidence d’Ebert, il s’était élevé contre l’emploi trop fréquent que celui-ci faisait de l’article 48 (1). Cependant, il ne méconnaissait pas du tout la nécessité de prendre des mesures exceptionnelles, rigoureuses et efficaces, pour la protection de la République et de ses représentants. En 1931, il avait été sérieusement question, parmi les républicains allemands, de porter Braun à la chancellerie, qu’il eût occupée tout en gardant la présidence du Conseil de Prusse. Cette « union personnelle », réalisée dans la personne d’Otto Braun, eût été certainement une solution politique excellente. Mais Braun déclina l’offre et j’appuyai sa façon de voir. La situation politique du Reich était déjà alors des plus difficiles. Braun se trouvait dans un état physique tel qu’il n’aurait pu, sans doute, fournir l’effort considérable qu’exigeait la direction de deux ministères aussi importants. Il se serait très vite épuisé à cette tâche et eût été perdu aussi bien pour la Prusse que pour le Reich. La Prusse était encore, alors, le rempart de la République et, comme premier ministre, Braun jouissait d’une autorité incontestée. Mais quand, aujourd’hui, je regarde en arrière, j’arrive à la conviction qu’il eût fallu, néanmoins, laisser Braun tenter l’expérience, à supposer que Hindenburg lui eût confié la chancellerie.

Après la première victoire électorale des nationaux-socialistes, le 14 septembre 1930, Braun était d’avis qu’il fallait renverser le chancelier Brüning au Reichstag, pour permettre aux nazis d’entrer dans le nouveau gouvernement ; il espérait, grâce à cette tactique, « user » les forces du mouvement hitlérien. Mais ensuite les nazis auraient certainement voulu prendre aussi pied en Prusse et cela nous paraissait, à moi comme à tous ceux qui partageaient mon point

(1) Article conférant au président du Reich le droit de promulguer des décrets-lois. (N. du Tr.)

de vue, un danger. En revanche, Braun n’acceptait qu’à contre-cœur la politique de tolérance pratiquée par les socialistes au Reichstag à l’égard du cabinet Brüning. Ici encore, si l’on considère rétrospectivement les événements, on doit convenir que la vraie politique eût été de renverser Brüning en octobre 1930. Cela aurait mis de la clarté dans la situation, nous nous serions jetés tout entiers dans la lutte et il eût été possible de battre les nazis, tandis qu’il étaient encore faibles et que nous étions forts. Les événements eussent sans doute pris un autre cours. Il est vrai que la droite eût pris pied dans le gouvernement prussien, dès 1930, mais le développement de son activité fût demeuré dans les voies légales. On aurait certainement évité l’explosion réactionnaire et fasciste, telle qu’elle s’est produite le 30 janvier 1933, explosion qui a détruit tout l’édifice de valeurs politiques, sociales et de culture, qui avait été élevé, avec tant de peines, en Allemagne.

Otto Braun a beaucoup souffert dans son prestige depuis que, le 20 juillet 1932, il fut renversé par Papen ; pourtant, à ce moment-là, il était trop tard pour résister. On lui a aussi reproché d’être parti pour l’étranger le 5 mars 1933, le jour des élections au Reichstag, organisées par les nazis ; ce départ fut, bien entendu, amplement exploité par la propagande hitlérienne et annoncé même par T. S. F. Cependant, Braun a judicieusement agi. Il ne pouvait et il ne devait pas s’exposer au danger d’être mis en prison par les nazis, sous un prétexte quelconque, que ceux-ci n’eussent pas été embarrassés de trouver. S’il était resté en Allemagne, son geste eût peut-être paru « héroïque », mais il n’eût été d’aucune utilité politique. Très probablement, Braun aurait été une victime de la basse rancune que les Hitler, les Gôring, les Gœbbels mirent et mettent encore à poursuivre les républicains. Ils ne se seraient certainement pas laissé

arrêter par la supériorité spirituelle et morale — qu’ils avaient si longtemps éprouvée — du premier ministre Otto Braun.

Et M. von Hindenburg? Il eût été certainement le dernier à intervenir en faveur de l’homme à qui. pourtant, il devait tout ; et cela, la suite des événements l’a prouvé. Rien n’illustre mieux l’état de déchéance morale où est tombée la « nouvelle Allemagne » que le fait qu’un des meilleurs Allemands, un vrai patriote, un homme probe et désintéressé, qui n’a reçu ni accepté en cadeau aucun domaine seigneurial, qu’un homme d’État tel que Braun, issu du peuple, soit condamné à vivre en exil. Pour la seconde fois de sa vie il habite, maintenant, la Suisse. La première fois, son exil dura cinq mois ; c’était en 1904, le parquet de Kônigsberg voulait le faire arrêter pour avoir offensé le tsar, et s’être rendu coupable de haute trahison (!) à l’égard de la Russie tsariste. Combien de temps durera le second exil? Quoi qu’il en soit, en dépit de toutes les attaques et des calomnies, Otto Braun peut considérer avec fierté et satisfaction son activité politique passée ; il peut en toute confiance s’en remettre au jugement de l’histoire.

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