‹ La traite des chanteuses (moeurs de province)Chapitre 11 sur 71 · PREMIÈRE SUPPLIQUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SUPPLIQUE

1 • V( ” lsiew le Président Ct Messieurs les membres de la commission chargés de. l’étude de la suppression, des agences théâtrales et lyriques, au Sénat, à Paris.

Messieurs,

Vous êtes saisis d’une demande de suppression des agences théâtrales et lyriques, par un groupe de quelques

LA TRAIT 13 DES CHANTEUSES

personnes, bien minime parti© du. grand nombre d'artistes et de directeurs que cette haute question intercs.se.

]Ve pensevous pas, Messieurs, qu’avant de vous laisser convaincre par ce petit groupe (1), il serait bon que vous connaissiez les causes personnelles qui le font agir, et que l'ous consultiez, ensuite, l'énorme majorité des artistes, des vrais artistes (!?), des gens qui, seuls ont droit à ce titre, afin d’avoir leur avis, qui est contraire à ce gui vous est demandé ( ? !)

Cela serait justice. Messieurs! Et vous apprendriez que si les premiers crient parce que les agences ne les placent pOïS aussi facilement qu’elles placent les derniers, c’est Qu'ils n’en ont pas les mêmes aptitudes*

Depuis de nombreuses années. Messieurs, les artistes ont crée des Sociétés, des sortes de Syndicats* Ils n ont jamais pu s entendre. Linsuccès de ces sociétés et de ces syndicats a été maintes fois reconnu, et ils n’ont vécu que quelques jours.

Eu vous exposant, Messieurs, comment aujourd’hui, bien de ces gens se croient avoir le droit au titre d’artiste, et combien ils harcèlent ces derniers pour avoir un emploi, vous vous rendrez compte qu’un syndicat, quel qu’il soit, sera toujours impuissant à.^ leur donner satisfaction. Car, veuillez, bien prendre note et ne pas perdre de vue que ce ne sont pas les bons, les vrais artistes qui crient et so plaignent, mais bien les individus qui ne* s© donnent ce titre : Artiste! que pour cacher le honteux trafic qu'ils font sur les boulevards et dans les concerts ou Us servent et proie gmt la prostitution à laquelle ils livrent les jeunes filles qu'ils insinue ut à ce soi-disan t métier cP artiste ( ? î)

ltendess-vous-en compte, Messieurs 1 Promenez-vous lo soir sur les boulevards Strasbourg, Sébastopol, Saint-Martin, Saint-Denis, Bonne-Nouvelle! Vous en verrez des soidisant artistes, chanteurs ou acrobates, suivant des petites chanteuses ou danseuses en quête d’uni monsieur ! puis, l'attendre à la porte d’un hôtel ou à la terrasse d’un café, pour empocher ce que vient de recevoir cette fille.

(I) Le Syndicat des Artistes lyriques*

AGENTS LYRIQUES

loi paresseux qui abandonne sa lime, son pinceau, ses ciseaux ou sa plunie et qui cherche à chanter d’epiblé, à se mettre artiste, est-il intéressant? Je vous en fais juges, Messieurs ! Est-on chanteur ou acrobate porc© tiu’og ne ¥cu t *p\ us d’nn métier qui vous tient toute une journée, et que Fou préfère ne travailler qu'une heure ou deux, lé soir, auprès des filles qui* vous font vivra le jour, vous procurent, par leur prostitutions <le beaux vêtements, des bijoux et le bien-être qu'un bureau do ministère, de commerce, ou tout autre emploi honorable he peuvent voua donner pour satisfaire vos goûts P (!?)

Lee bons artistes, les vrais, les seuls qui méritent ce titre, ont travaillé pour le mériter et possèdent un talent que les agents et les directeurs leur reconnaissent, ce qui les fait mieux payer et être presque toujours engagés. Ceux-là no récriminent pas! Ceux là, à rencontre des autres, n’hésitent pas à payer à un agent qui 4est occupé d\ uæ, les honoraires qui lui sont légitimement dûs, ( ! ?) Cet agent a dépensé quelquefois beaucoup d’argent pour aller las voir et les entendre et pour les proposer à divers Directeurs, auxquels il a envoyé des programmes, des affiches, des photographies {!?) pour obtenir un engagement, souvent, d autres, les mauvais artistes, promettent de payer des honoraires , quand Us auront terminé leur enqa- (jtmenty et ne paient jamais ( !)

Pour mon compte personne], j'ai plus de trois mille francs d honoraires dûs par ces mauvais artistes.

. Je vous expose ces faits, Messieurs, qu’on s'est bien nonne garde do vous exposer, afin quo vous puissiez vous romlro un compte bien exact, qu’en vous prononçant pour 7 suppression des agences théâtrales et lyriques vous donnerez satisfaction à ce qu’il y a de mauvais an'détriment de co q u U y a de bon, et que vous n’arriverez même pas a donner satisfaction complète, attendu que * comme vous ne pouvez pus supprimer les agences étrangères, voismes de la France, vous ferez le jeu de celles-ci, gui ne patciit pas patente en France, et qui s’empresseront de remr y proposer des artistes étrangers (H?)

N’oublies pas que la Belgique, l’Angleterre, l’Italie, hspagne, sont a nos foutes (P), qu’elles ont plus d’agents

qu’il n'y en a en France, et que ceux Je notre pays sont des citoyens qui paient patente.

Quelques-uns, indûment tolérés par l'autorité compétente, tiennent agence dans des cafés, ne paient pas patente, et devraient être supprimés, car ce sont*aussi ceux-là qui gâtent les affaires artistiques tout en bénéficiant des profits.

Il y a autre chose qui gâte,ces affaires artistiques : ce sont les villes où la police tolère que des artistes ayant terminé leur engagement, séjournent des mois et des mois dans la localité. Je citerai : Saumur, Nantes, Tours, Le Mans, Rennes, Lorient, Brest, Fontainebleau, Compïègne, Melun, Reims, Epernay, Châlons-sur-Marne, Nancy, Saint-Di é, Sadnt-Mihiel, Orléans, etc,, etc., qui toutes renferment des soi-disant artistes en rupture d'en g a gémi eut et qui n/y font plus que de la prostitution, au su de la police qui ne leur dit rien parce qu'elles ont ce titre : Artiste! Dans un très grand nombre de ces villes, Messieurs, vous voyez des concerts ayant dix ou douze femmes faisant la pose sur la scène ou tremplin, puis la quête à chaque tour de chmt * Il en est qui paient le tenancier pour chanter dans son établissement. À Fontainebleau t elles paient un franc par jour , A Saumur , il en est qui paient 0 fr. lo ou 0 fr. 30 par soirée ( ! P)

Voilà le mal du concert, messieurs ! Voilà ce que T autorité compétente devrait complètement supprimer, et vous verriez que les artistes sérieux ne s'en plaindraient pas.

Vous verriez aussi diminuer très sensiblement le nombre des gens se disant : artistes ! — Telle cuisinière retournerait à ses fourneaux. Telle gardeuse de dindons retournerait à la ferme. Tel cultivateur à ses champs ou tel autre ouvrier reprendrait ses outils et ne se moqueraient plus du maçon ou de tel autre honnête artisan qui travaillent dix ou douze heures par jour pour gagner trois francs, alors qu'eux. Messieurs, les propagateurs d'Inepties ou d'mMuifés, les monteurs de cabales, gagnent huit-dixdouze ou quinze francs par jour, en une ou deux heures, le soir, quand ils ne se refusent pas à partir en engagement, parce qu'ils ont, à Paris, une petite maîtresse, chanteuse qui fait les boulevards et travaille à Fentolage.

AGENTS LYRIQUES

Faites une loi ou une ordonnance de Police, qui force les agents théâtral s (sic) ou lyriques à n'inscrire chez eus, sur un livre spécial, contrôlé par la Police, que clés individus fournissant leur acte de naissance et leur casier judiciaire vierge t ainsi que leur livret militaire, ■— Exigez qu'il en soit ainsi chez tous les Directeurs, de Théâtres-Ci rques-M usic-Ha! 1 s ou Concerts, et vous verrez quel balayage vous ferez ! — Car si beaucoup ont des taches à leur casier, énormément sont réfractaires à la loi militaire (î^)*

Cela faisant, Messieurs, vous ferez plaisir aux bons, aux vrais artistes, à ceux qui, seuls, sont intéressants et méritent que vous vous occupiez d’eux.

Le Service que vous nous rendrez à nous, Agents, dont on vous demande la suppression, sera de supprimer ces mauvais artistes, qui viennent dans nos bureaux solliciter des engagements, qui reçoivent de nous, les sommes que les Directeurs nous ont adressées pour les faire partir et qui, gardant ces sommes, changent de noms et de domicile, sans so rendre à leurs engagements, délit pour lequel on ne nous fait pas toujours droit au Parquet*

En supprimant ceux-ci, Messieurs, vous donnerez plus de travail aux artistes honnêtes et vous n'aurez plus de réclamations du genre de celles qu’on vous a faites en faussant votre bonne foi et dont on exagère les griefs.

Faites une enquête, Messieurs! Appelez près de vous les agents {?!!) et ne les condamnez pas sans les entendre, ne soyez pas dupes parce qu’il plaît à des jaloux ou des incapables de vous faire de faux-récits. Contrôlez ces récits. Evincez les coupables, mais soyez justes pour ceux qui font leur métier avec conscience et loyauté , et vous aurez fait acte de Justice ( ! ?)

Appelez les Directeurs sérieux de Théâtres-Concerts- Cirques et Music-Halls, demandez-leur leur avis sur les agents qui pourvoient à leurs besoins d'artistes, et sur ce soi-disant syndicat, provocateur de la révolte, vous serez fixes, Messieurs, et je ne doute pas qu'en bons législateurs, vous repousserez la demande qui vous est faite par ce syndicat, fout en voué prononçant pour Vépuration que je sollicite au nom de mes honorables collègues, afin de

LA TRAITE J)ES CHANTEUSES

donner faute satisfaction aux bons, aux vrais artistes, qui sruh méritent que vous vous occupiez (Peux,

Dans l’espoir d'un accueil favorable,

J'ai l'honneur d’être avec respect, Messieurs ,

Votre très humble et tout dévoué,

Paris, le 18 novembre 1903,

Deuxième supplique, (Du Même.)

A Monsieur .►, Sénateur, à Paris .

Monsieur le Sénateur,

J J ai P honneur de vous soumettre, jointe à la présente, la protestation que j ? ai adressée le 9 courant, à Messieurs le Président et les membres de la commission Sénatoriale, chargés de F étude de la suppression des Agences Théâtrales et Lyriques (Bureau de placement).

Ainsi que vous le savez. Monsieur le Sénateur, cette demande a été formulée à la Chambre, par un groupe d'artistes qui se sont syndiqués et érigés en défenseurs des intérêts de leurs camarades. Leur premier travail a été (Tenvoyer des circulaires dans toutes les sociétés donnant des Concerts au profit de leur Caisse de secours respective , et de demander à ces Sociétés, la faveur de Vorganisation des dits concerts (!?).

Quelques sociétés leur ont accordé cette faveur (!?!).

Par qui les concerts ont-ils été faits?

Par Us membre.? du bureau du syndicat, Président ni tête, dont on voit le nom sur tous les programmes et sur toutes les affiches de ces sociétés , (ÎPP)

11 a commencé par se servir, ses camarades Font été après.

Que Von, vous demande , Messieurs les législateurs, la suppression des concerts nml famés , de ceux qui sont plutôt des maisons de prostitution que des concepts ; ou la femme fait la pose sur la scène! ou on lui impose la peu -

AGENTS LYRIQUES

sion et le logement dans la maison , et que vous fassiez sitpprinu’r ou régir autrement ces maisons! Ce serait acte de justice! Mais que des artiste# demandent la suppression des agents qui ne cessent de dépenser de l’argent ? en frais do toutes sortes, correspondance, omnibus on voitures, télégrammes, envois de programmes, affiches, photographies (?), dépêches etc., etc., pour leur procurer du travail (?), chez les Directeurs auxquels ils les proposent, et qui, quand ils ont réussi un engagement pour eux, ne sont pas toujours payés de leurs honoraires, c’est do la démence 1 (KH)

Par qui a été constitué ce syndicat?

Par un sieur M.,. qui est venu chez moi, présenté par un autre artiste K*., me prier de lui fournir quelques renseignements sur certains concerta de province et qui, frauduleusement, m’a emporté les lettres (1) que je lui avais confiées pour les lire chez moi»

Voilà rhonnêteté de ce Président de syndicat»

II prétend aujourd’hui, que c'est à vous, Monsieur lo Sénateur, qu'il a remis ces lettres et qu'il attend que vous vouliez bien les lui restituer, pour me les remettre (2).

De quoi se plaignent ces syndiqués?

De ce que certains agents lyriques, leur prennent dix pour cent d’honoraires, contrairement à d’autres plus honnêtes qui ne leur prennent que cinq pour eent* Oui! si ce fait est vrai ! Il est un abus, dont les artistes peuvent s’affranchir en ne se laissant pas engager par les premiers, et dont je demande comme eux, la. réglementation.

De ce que, pour faire des affaires, au détriment de certains de leurs collègues, il est des agents qui partagent leurs honoraires par moitié avec des artistes régisseurs ou administrateurs voire mémo avec des Directeurs. — // est vrai que certains Directeurs-Administrateurs ou Régisseurs Vexigent et ' qu'il existe à Lyon , un agent qui va

(1) Ceci est absolument faux. Ce M. \L.. a ouvert son armoire et a prié MM. M... et B... d'emporter ce qui leur plairait dans les dossiers qu'ils trouveraient*

(2) Ces lettres furent remises au Sénat.

LA TRAITE DUS CHANTEUSES

jusqu'à offrir le 70 OfO de ses honoraires, pour englober un plus grand nombre d* affaires.

C’est en effet va abus, dont seuls pewfcnt se plaindre les agents honnêtes , mais qui ne lèse nullement les artistes qui, seuls, sont libres d’accepter ou refuser les appointements qui leur sont offerts, par les agents pour les Directeurs, ou par les Directeurs eux-mêmes, lorsqu’ils ^adressent directement à eux pour ne pas payer des honoraires (F1 P) j co qu’ils font depuis longtemps déjà (!?!?).

Certains artistes syndiqués, se plaignent, faussés qu'ils sont dans leur croyance, que des agents ont des préférences pour tel ou tel artiste*

Il est pourtant certain qu’un agent ne peut exécuter que les ordres qu’il reçoit, et que si on lui donne celui d’engager un comique grime, il ne peut envoyer un ténor ou un baryton, pas plus qu’une danseuse pour une romancière, ou un clown pour un trapéziste.

Dans tout ceci, Monsieur le Sénateur, il y a une question de jalousie (H), que vous ne pourrez éteindre. X/c mauvais artiste est jaloux du bon, et comme il voit l’agent engager plus facilement le dernier, —- (hum! hum î) — il crie, il hurle, tant il est furieux* XI s’en prend à tout le monde, même à lui-même d’être mauvais. Et c’est de ragent dont on vous demande la suppression? — (ohJ oui!) —

Quand vous aurez obtenu une réglementation complète de notre métier. Quand vous aurez surtout fait décider que ne devront être seuls reconnus artistes, que les gens méritant ce titre, que vous aurez fait expulser du rang des bons, des vrais artistes, les individus qui ne s’en donnent le titre que pour cacher les trafics honteux dont ce titre les couvre* Que vous aurez fait réglementer tîMïttraisrs viahons de concerts , vous verrez s’éteindre d’elles-mêmes ces récriminations faites, non par des artistes sérieux, mais par des gens qui ne peuvent et ne veulent être artistes, et qui ne feront jamais rien pour le devenir.

Ce syndicat, contrairement à la grande majorité des artistes et des Directeurs qui s'y opposent et dont les intérêts seront lésés, demande notre suppression.

Essayez de lui donner satisfaction! Indemnisez-nousï

agents lyriques

Et svpprîmcz-nous?»., (?) Avant six mois, les artistes et les Directeurs vous demanderont de rapporter votre loi, par la toute-puissante raison qu'ils seront mécontents de ce syndicat impuissant à leur procurer du travail à tous. Impuissant à faire ce que font les agents qui écrivent partout, voyagent beaucoup, pour visiter les Directeurs tant en France qu’à FEt ranger et voir les artistes euxmêmes.

Faites un plébiscite, Messieurs les législateurs, et j'en suis très certain, tant par les Directeurs que par les vrais artistes, vous aurez une majorité écrasante fournie contre la demande qui vous est faite, et qui ne vous est faite que pour satisfaire la jalousie de ce qui est mauvais contre ce qui est bon.

Vous verrez qu’on s’est complu à abuser de votre temps et qu’on a cherché à tromper votre bonne foij en vous faisant des récits non exacts et qu’on a grossis à plaisir* Quentin après vous avoir chantés sur tous les tons, on vient solliciter de vous par des menaces révolutionnaires ( ? ! ?) de prendre des mesures qui ne peuvent s’effectuer qu’en grevant à nouveau le budget de la France (?!?), et en diminuant scs ressources (PP), puisque les agences de théâtresj de cirques, de music-halls et de concerts, paient patente en France et que les syndicats n’en paient pas. — ! —

Veuillez, je vous prie, Monsieur le Sénateur, recevoir F assurance do mes sentiments les plus respectueux.

Ouf I

Les protestations de cet... honnête homme constituent un monument unique de vertu prolixe. Tout y est : depuis Faccent indigné jusqu’à la bonne réclame du commerçant, y compris la crainte de la fâcheuse concurrence.

Ne retenons, de tout ce pathos, que les aveux...

A présent, s avez-vous ce qu’il advint de ce Parangon de vertu ?

Compromis dans une affaire d'expédition au Transwaal d’un véritable convoi de filles mineures, il fut arrêté à la gare Saint-Lazare (pu se souvient de ce scandale), puis laissé en liberté provisoire* Il en profita de suite pour s’enfuir..,,^ „•

Ne soyez pas inquiet sur son sort E II gère actuellement une maison de prostitution au TranswaaL

On s'explique difficilement comment le Sénat a pu prendre en considération de semblables protestations — les autres, pour mieux écrites qu’elles soient — n’en valent guère mieux.

Autrement intéressante était la requête adressée à MM* les membres du Sénat pour la suppression des Agences lyriques et dramatiques, au nom des artistes dramatiques, lyriques, musiciens, et signée À, Franck, directeur du Gymnase, Darmont, Polin, Lejal, G. C h a r p e ntic r, 1 T a n teu r de Lo u tse , et E, Lape rr i ère... mais, derrière ces honnêtes gens, le Sénat, ne voyant pas le marchand de vins, n 1 * * * * * 7 avait crainte (1).

Car ce qu’il y a là-dessous, en vérité, c'est la peur du commerçant de vins...

(1) Les artistes lyriques et dramatiques qui ont observé,

pendant tout le mouvement, un calme digne, confiants en la bonne volonté de nos législateurs, crurent devoir

répondre par F organe do leurs syndicats à la demande

d'audition de la commission sénatoriale. Ils s 7 y expliquè¬

rent ; on fut d'une correction parfaite avec eux ; ou eut

l’air de compatir à toutes leurs misères ; ils y dénoncèrent les procédés des proxénètes de leurs agences, que signa¬

lait d’ailleurs M. Àucoin dans son rapport, puis,** on im exclut du bénéfice de la loi ! Los agences qui les exploitent ne pourront être supprimées î (Extrait dé La Fin d'un privilège de A, Loquet-)

ARE NT S LYRIQUES

Ah! le marchand de vins!... Est-il roi, celui-là!... l’cat-il assez ! Le caboulot est le centre, et de la plupart des affaires, et, hélas! de presque toutes les politiques. Le marchand de vins est le grand électeur ; malheur à celui qui ose toucher au privilège qu’il possède (et entend garder...) d’empoisonner ses contemporains. Députés, sénateurs, tous tremblent devaut lui.

La preuve en est dans cette fameuse loi concernant la limitât ion des débits d'alcools et de boissons alcooliques, que Ton propose toujours, que l'on discute un peu... violemment même quelquefois,., et qui ne passe jamais.

— Ne touchez pas à la bière!.., crient les députes et sénateurs des départements septentrionaux.

Cependant que ceux du Midi, hardiment, font entrevoir — tel nn épouvantail — la a Mévente des vins ».

Lisez VOfficid de la dernière discussion sur cette loi, et vous serez édifiés ; vous conclurez, comme moi : Le marchand de vins règne sur la France.

Triste! triste!...

Bans cette proposition de loi (1), F article 11 est ainsi conçu :

fous cafetiers, cabaretiers et autres débitants de boissons à consommer sur place qui fourniront sciemment à des fdîes ou à des femmes de débauche , employées ou non dons leurs établissements , le moyen de se livrer à la pros-

(1) Cette proposition de loi est signée des sénateurs IL Bérenger, Guérin, ïtiou, Guyot^ Velten, Fortier, Wad- Qington.

titution, seront condamnés à un emprisonnement de trois mois à deux mis, et à une amende de cent francs à mille francs. Lu fermeture du débit sera ordonnée par le jugement ; SE K ONT PUNIS DE LA MÊME PEINE TOUS TENANCIERS DE CAFES-CONCERTS QUI, SOIT AU MOYEN DE QUÊTES FAITES DANS LEUR ÉTABLISSEMENT, SOIT EN FOURNISSANT AUX ARTISTES qu’ils ENGAGENT LA NOURRITURE OU LE logement, SOIT PAR TOUS AUTRES MOYENS, AURONT PROVOQUÉ CES ARTISTES A SE LIVRER A LA PROSTITUTION OU l/AURONT FAVORISÉE. EN CAS DE RÉCIDIVE, LA FERMETURE DE l’ÉTABLISSEMENT SEKÀ OR¬ DONNEE PAR LE JUGEMENT.

Malheureusement, cet article est le dernier de la proposition de loi et, comme, dans la discussion, l’on ne dépasse jamais l'article I er sur lequel on ne s'entend pas, il est assez difficile d’espérer voir triompher 1 ? article 11.

Je vous le répète, le marchand de vins règne sur la F rance.

Aussi, dans le Midi, les beuglants pullulent, et dans le Nord il n'est pas rare de rencontrer un gros brasseur commanditant (tel M. X...) à lui seul, jusqu’à trente beuglants S !

Cet article 11, j’ai cru un moment qu’on l’extirperait de cette loi, momentanément impassable, et qu’on 3e transformerait en décret.„

Je pensais avoir tout fait pour cela. Pour une fois que nous avions au ministère de l’Intérieur un cerueauy donc un audacieux, n’avais-je pas le droit d’espérer ?...

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